Le choc géopolitique met fin à une série d'entrées de 58,9 milliards de dollars
Pour la semaine se terminant le 13 mars, les investisseurs ont retiré 2,35 milliards de dollars des fonds négociés en bourse (ETF) des marchés émergents cotés aux États-Unis, mettant brutalement fin à une période de 20 semaines d'entrées continues qui avait accumulé 58,9 milliards de dollars. Ce net revirement des flux de capitaux est une réponse directe à l'escalade du conflit en Iran, qui a provoqué une vente massive des actifs à risque, les fonds suivant l'Inde et la Chine subissant les sorties les plus importantes.
Les marchés asiatiques subissent le double choc du pétrole à plus de 100 dollars et des tensions commerciales
L'exode des marchés émergents est concentré en Asie, qui est aux prises avec un double choc d'inflation due à la guerre et de tensions commerciales renouvelées. Le conflit au Moyen-Orient a poussé les prix du pétrole brut Brent au-dessus de 100 dollars le baril, ce qui a gravement mis à rude épreuve les pays importateurs d'énergie comme l'Inde, la Corée du Sud et le Japon. Cette pression économique est aggravée par une nouvelle volatilité commerciale américaine, y compris les enquêtes de la Section 301 et les tarifs douaniers imposés le 24 février.
La réaction du marché a été rapide. Au cours de la semaine du 5 mars, les fonds mondiaux ont vendu pour 11 milliards de dollars nets d'actions dans les pays en développement d'Asie (hors Chine), marquant la plus grande sortie hebdomadaire depuis mars 2022. L'indice KOSPI de la Corée du Sud a subi sa pire chute depuis 2008, plongeant de 12 % le 4 mars, alors que les investisseurs réagissaient à l'impact combiné de la flambée des coûts du carburant et des enquêtes commerciales américaines.
Les marchés indiens montrent leur fragilité malgré les rebonds
Les marchés indiens reflètent la volatilité accrue. Bien que des indices de référence comme le Nifty 50 aient regagné une partie de leurs pertes le 16 mars pour clôturer à 23 408,80, le rebond a été étroit et a été tiré par les actions à grande capitalisation. Le sentiment général du marché reste faible, les indices Nifty Midcap et Smallcap ayant baissé, signalant que les investisseurs institutionnels achètent de manière sélective lors des baisses plutôt que de stimuler une reprise généralisée.
L'humeur prudente est justifiée par des vents contraires persistants. Le pétrole brut Brent reste obstinément au-dessus de 104 dollars le baril, l'inflation des prix de gros (WPI) de l'Inde a grimpé à un sommet de 11 mois de 2,13 % en février, et les investisseurs institutionnels étrangers continuent d'être des vendeurs nets. Cet environnement suggère que tout rebond du marché est fragile et que la volatilité restera probablement élevée tant que les pressions géopolitiques et inflationnistes persisteront.