Les fonds se désengagent de 11 milliards de dollars d'actions asiatiques, un renversement majeur de stratégie
Les fonds mondiaux ont vendu pour 11 milliards de dollars nets d'actions asiatiques en développement cette semaine, marquant le plus important retrait hebdomadaire depuis mars 2022. Cette liquidation a été concentrée sur les nations importatrices d'énergie, la Corée du Sud ayant enregistré des sorties d'environ 1,6 milliard de dollars et l'Inde une perte de 1,3 milliard de dollars. Ce retrait rapide signale un renversement marqué de la récente stratégie "Vendez l'Amérique, achetez l'Asie". Cette opération reposait sur des attentes d'un affaiblissement du dollar américain et d'une inflation modérée, des prémisses qui ont été bouleversées par les turbulences géopolitiques. Comme l'a noté Gary Tan, gestionnaire chez Allspring Global Investments, la situation en Iran remet en question ces deux hypothèses, forçant les marchés à prendre en compte un dollar plus fort et une pression inflationniste renouvelée due à la hausse des prix du pétrole.
L'indice MSCI Asie-Pacifique chute de plus de 6% en raison des craintes sur l'approvisionnement pétrolier
La fuite massive de capitaux a fait chuter les indices de référence régionaux. L'indice MSCI Asie-Pacifique a perdu plus de 6 % cette semaine, sa pire performance en près de six ans, sous-performant significativement le S&P 500. Cette liquidation est enracinée dans la forte dépendance de l'Asie vis-à-vis de l'énergie du Moyen-Orient. De nombreuses économies, dont le Japon, la Corée du Sud et l'Inde, dépendent fortement des expéditions de pétrole et de GNL qui transitent par le détroit d'Ormuz, un point d'étranglement maritime clé. En revanche, la position des États-Unis en tant qu'exportateur net de pétrole a fait de leurs actifs un refuge relatif. Les stratèges de Morgan Stanley ont averti que les marchés n'avaient pas adéquatement intégré le risque pour ces chaînes d'approvisionnement critiques.
Morgan Stanley dégrade l'Inde et les devises régionales s'affaiblissent
En réponse à l'intensification du risque, les banques d'investissement ajustent leurs stratégies. Morgan Stanley a adopté une position plus prudente, dégradant à la fois l'Inde et les Émirats arabes unis de "surpondérer" à "neutre" et conseillant à ses clients de "rester défensifs". Le sentiment d'aversion au risque a également frappé les devises régionales. Le won sud-coréen a enregistré sa plus forte baisse de clôture en une seule journée depuis 2009 mardi. Parallèlement, l'indice de volatilité des changes des marchés émergents de JPMorgan a dépassé son équivalent du G7, mettant fin à une période record de calme relatif et signalant que les investisseurs sont en train de rapidement réévaluer le risque à travers toutes les classes d'actifs.