Le blocus d'Ormuz fait suite à l'assassinat du Guide suprême iranien
Les marchés mondiaux de l'énergie ont réagi rapidement après l'annonce par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) d'un blocus du détroit d'Ormuz. Cette déclaration, faite le 2 mars, fait suite aux informations faisant état d'une frappe aérienne le 28 février qui aurait tué le Guide suprême de l'Iran, Khamenei. En réponse, de grandes compagnies maritimes, dont Hapag-Lloyd et Maersk, ont immédiatement annoncé qu'elles suspendraient leurs traversées par cette voie navigable critique. Alors que les responsables américains ont déclaré que l'Iran n'avait pas encore pris de mesures physiques pour fermer le détroit, la Marine britannique a signalé une "activité militaire significative" dans la région, ce qui a paralysé le transport maritime commercial, les navires étant déroutés ou attendant des éclaircissements.
La Deutsche Bank modélise des scénarios de 70 à 200 dollars le baril
Dans un rapport du 2 mars, la Deutsche Bank a décrit trois scénarios distincts pour les prix du pétrole, en fonction de la durée et de la gravité du blocus. La banque identifie l'état du terminal d'exportation iranien de l'île de Kharg comme une variable clé.
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Scénario 1 : Réouverture rapide. Si le détroit rouvre dans les deux semaines dans le cadre d'un cessez-le-feu et que la capacité d'exportation de l'Iran n'est pas gravement endommagée, les prix du Brent devraient se stabiliser près de 80 dollars avant de retomber dans la fourchette des 70 dollars le baril.
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Scénario 2 : Blocus ambigu. Ce scénario, qui reflète le plus fidèlement la situation actuelle, implique que l'Iran maintienne sa déclaration de blocus avec des attaques sporadiques de missiles ou de drones. Les mines marines n'étant pas encore déployées, les prix du pétrole fluctueraient entre 80 et 100 dollars le baril, l'assurance maritime étant suspendue et l'OPEP initiant des augmentations de production d'urgence.
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Scénario 3 : Blocus forcé complet. Dans le cas le plus extrême, l'Iran utiliserait des mines marines, des navires de guerre et des missiles pour arrêter complètement le trafic. La Deutsche Bank prévoit que le Brent bondirait vers 200 dollars le baril, toutes les exportations régionales de pétrole étant coupées, laissant l'OPEP incapable de réagir.
La capacité de réserve de 2,8 millions de barils par jour de l'OPEP annulée par le blocus
Le conflit central pour les marchés est que la capacité de production excédentaire significative de l'OPEP est inutile si le pétrole brut ne peut pas transiter par le détroit d'Ormuz. Les membres clés de l'OPEP comme l'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis détiennent environ 2,8 millions de barils par jour (bpj) de capacité de réserve, ce qui est plus que suffisant pour couvrir le volume d'exportation de l'Iran en janvier de 1,6 million de bpj. L'OPEP+ a déjà confirmé une augmentation modeste de la production de 206 000 bpj pour avril, bien que cela soit considéré comme un ajustement de routine et non une réponse d'urgence. L'inconnue critique reste de savoir si l'Iran a déployé des mines marines ; leur absence permettrait une résolution rapide, tandis que leur présence nécessiterait des mois d'opérations de déminage par les forces navales.