Hyundai pousse pour un accord de 350 milliards de dollars pour éviter la menace tarifaire
Le 24 février, le président de Hyundai Motor, Sung Kim, a averti que les États-Unis pourraient intensifier la pression tarifaire sur le secteur automobile, créant un risque significatif pour le marché américain clé de l'entreprise. Kim a exhorté le gouvernement sud-coréen à approuver rapidement un plan d'investissement de 350 milliards de dollars lié à un accord commercial avec les États-Unis. Cet accord est conçu pour abaisser les tarifs douaniers de Washington sur ses véhicules de 25 % à 15 %, offrant une protection critique contre la politique commerciale américaine imprévisible.
L'alerte de Hyundai intervient bien que les véhicules de tourisme soient officiellement exclus de la dernière action tarifaire de la Maison Blanche. La préoccupation du constructeur automobile se concentre sur la volonté démontrée de l'administration d'utiliser des outils juridiques alternatifs pour pénaliser les partenaires commerciaux, laissant l'industrie vulnérable à de futurs droits plus ciblés. Le ministre sud-coréen du Commerce, Kim Jung-kwan, a fait écho à ces craintes, déclarant qu'une incertitude continue pourrait nuire à la compétitivité des exportations.
La Maison Blanche contourne la Cour, impose un tarif mondial de 15 %
L'administration Trump a répondu à une défaite devant la Cour suprême en mettant immédiatement en œuvre une nouvelle barrière commerciale. Après que la cour a jugé illégal son utilisation de la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationale (IEEPA) pour les tarifs, la Maison Blanche a invoqué le 24 février la section 122 de la loi sur le commerce de 1974. Cette nouvelle mesure impose un droit temporaire de 15 % sur la plupart des marchandises entrant aux États-Unis, pour une durée de 150 jours.
L'administration a justifié cette décision en soulignant un déficit commercial de biens américain qui s'aggrave, atteignant 1 200 milliards de dollars en 2024. Bien que le nouveau tarif de 15 % exempte des catégories spécifiques comme les automobiles et les produits pharmaceutiques, son application soudaine a provoqué des ondes de choc à travers les chaînes d'approvisionnement mondiales, créant une nouvelle instabilité pour les importateurs et les partenaires commerciaux des États-Unis.
Les alliés mondiaux dénoncent le « pur chaos tarifaire »
La nouvelle politique tarifaire américaine a été accueillie avec confusion et condamnation de la part des principaux alliés, en particulier en Europe. Bernd Lange, président de la commission du commerce du Parlement européen, a critiqué cette décision comme un « pur chaos tarifaire », avertissant qu'elle met en péril les accords commerciaux existants négociés avec les États-Unis. L'UE et le Royaume-Uni demandent des éclaircissements urgents, car le taux forfaitaire de 15 % annule le tarif de 10 % précédemment négocié par le Royaume-Uni, érodant son avantage concurrentiel.
La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a averti que le manque de clarté et de prévisibilité pourrait perturber les relations commerciales transatlantiques. Le sentiment est que si certains pays pourraient bénéficier d'un allègement temporaire par rapport aux taux tarifaires précédents plus élevés, l'environnement général d'incertitude pénalise le commerce stable et la planification des investissements à long terme.
Il est d'une importance capitale que toutes les personnes impliquées dans le commerce... aient de la clarté quant à l'avenir des relations. C'est un peu comme la conduite. Vous voulez connaître les règles de la route avant de monter dans la voiture. Il en va de même pour le commerce.
— Christine Lagarde, Présidente de la Banque centrale européenne.