La Hongrie saisit plus de 80 millions de dollars d'actifs d'une banque ukrainienne
Les autorités hongroises ont confisqué plus de 80 millions de dollars d'actifs à deux camions blindés appartenant à Oschadbank, la deuxième plus grande banque d'État ukrainienne. Les véhicules, en route de la Raiffeisen Bank en Autriche vers l'Ukraine, transportaient 40 millions de dollars en espèces, 35 millions d'euros (environ 40 millions de dollars) et neuf kilogrammes de lingots d'or. Sept employés de la banque ont été brièvement détenus lors de la saisie vendredi avant d'être expulsés de Hongrie. Alors que l'Administration nationale des impôts et des douanes hongroise a déclaré que l'action s'inscrivait dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent, Oschadbank a maintenu que les fonds étaient transportés légalement en vertu d'un accord existant avec la Raiffeisen Bank.
La saisie instrumentalisée dans le conflit pétrolier avant les élections du 12 avril
Cette confiscation marque une grave escalade dans une querelle politique entre la Hongrie et l'Ukraine centrée sur les livraisons de pétrole. Les tensions sont élevées depuis qu'une frappe de drone russe a endommagé un pipeline sur le territoire ukrainien fin janvier, perturbant le flux de pétrole russe vers la Hongrie. Le Premier ministre Viktor Orbán a fait de ce conflit un élément central de sa campagne de réélection nationaliste, alors qu'il brigue un cinquième mandat lors des élections législatives du 12 avril. Orbán accuse l'Ukraine de retarder intentionnellement les réparations de l'oléoduc pour faire pression sur la Hongrie afin qu'elle approuve un paquet de prêts de l'UE de 90 milliards d'euros pour Kiev.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a fermement condamné la saisie, promettant de soulever la question auprès de l'Union européenne.
C'est du terrorisme d'État et du racket.
— Andriy Sybiha, ministre ukrainien des Affaires étrangères.
En revanche, Orbán a publiquement loué sa relation avec la Russie et son approvisionnement en énergie bon marché. Le mois dernier, il a déployé des troupes pour protéger l'infrastructure énergétique hongroise, invoquant des menaces potentielles de l'Ukraine. Le chef de l'opposition hongroise Péter Magyar, qui a gagné en popularité dans les sondages, a accusé le Premier ministre de « semer la peur et la panique ».