Le saut de l'IA vers l'« Agent Autonome » remplace le travail
Dans une note adressée à ses clients le 26 février 2026, Howard Marks, cofondateur d'Oaktree Capital, a déclaré que l'intelligence artificielle a franchi un seuil crucial, évoluant d'un outil de productivité à un agent autonome qui remplace activement le travail. Il définit cela comme un passage du « Niveau 2 : IA Outil » au « Niveau 3 : Agent Autonome », une distinction qui, selon lui, étend le marché adressable de la technologie de 50 milliards de dollars à plusieurs milliers de milliards de dollars. Marks note que cette nouvelle génération d'IA ne se contente pas d'assister les travailleurs, mais exécute des tâches entières de manière indépendante.
Pour souligner la réalité économique de ce changement, la note cite le modèle d'IA Claude, que Marks a consulté pour ses recherches :
Si je peux réaliser le travail d'analyse d'un assistant de recherche avec un salaire annuel de 200 000 dollars, alors pour la partie payante, que je sois « réellement en train de penser » ou « simplement d'établir des correspondances de modèles », c'est complètement hors de propos.
Marks pointe la sortie, le 5 février 2026, de modèles comme GPT-5.3 d'OpenAI comme un moment charnière, soulignant que l'IA est désormais capable de participer à son propre développement. Cette boucle de rétroaction auto-amélioratrice accélère le progrès technologique à un rythme qui, selon Marks, pourrait être plus rapide que la capacité d'adaptation de la société.
Marks conseille la prudence face aux valorisations IA de type « billet de loterie »
Malgré le pouvoir transformateur de la technologie, Marks aborde directement la question d'une bulle de l'IA, offrant une thèse d'investissement nuancée. Il affirme que l'IA est une technologie réelle et durable, et non une tendance éphémère. Comme preuve de son empreinte économique tangible, il met en évidence un point de données critique : les dépenses d'investissement en inférence IA (répondant à la demande en temps réel) dépassent désormais les dépenses consacrées à la formation de l'IA (construction de modèles spéculatifs). Cela indique qu'une demande réelle, génératrice de revenus, valide l'investissement massif dans les infrastructures.
Cependant, Marks avertit que certaines parties du marché présentent une spéculation extrême, qualifiant les valorisations de certaines startups IA pré-revenus de « billets de loterie » en substance. Cette analyse conduit à ses principales orientations d'investissement pour l'environnement actuel. Il recommande une stratégie de sélection minutieuse et une exposition modérée du portefeuille, concluant que les investisseurs ne devraient être ni entièrement engagés ni entièrement absents du secteur.
Puisque personne ne peut juger avec certitude si c'est une bulle, mon conseil est le suivant : personne ne devrait être entièrement investi, car nous devons admettre que si les choses tournent mal, le risque sera dévastateur ; mais de même, personne ne devrait l'éviter complètement, car ils pourraient alors manquer cette grande révolution technologique. Une approche prudente consistant à sélectionner des cibles et à maintenir une position modérée semble être la meilleure stratégie.
Cette position équilibrée reconnaît à la fois l'immense potentiel de perturbation – projeté pour déplacer 150 à 250 milliards de dollars de valeur de travail dans le seul secteur des logiciels – et le risque significatif de perte de capital dû aux valorisations gonflées.