L'US Navy suspend les escortes à Ormuz, citant un risque « excessivement élevé »
L'US Navy rejette quotidiennement les demandes de l'industrie maritime pour des escortes armées à travers le détroit d'Ormuz, paralysant de fait cette voie navigable vitale. Lors de briefings réguliers avec les opérateurs maritimes, la Navy a maintenu que le risque d'attaque de l'Iran est actuellement « excessivement élevé », empêchant toute opération d'escorte depuis le début du conflit américano-iranien il y a plus d'une semaine. Cela a laissé des centaines de navires, y compris des pétroliers, bloqués.
La position de la Navy crée une contradiction flagrante avec les assurances publiques répétées de la Maison Blanche. Le président Trump a déclaré que les États-Unis étaient prêts à fournir des escortes, un message qui a été brièvement et incorrectement amplifié par le secrétaire américain à l'Énergie dans un message sur les réseaux sociaux désormais supprimé. Un responsable de la Maison Blanche a confirmé plus tard qu'aucun navire commercial n'avait été escorté par l'armée américaine à travers le détroit à ce jour.
Un plan d'escorte restaurerait moins de 10 % du trafic normal
Même si l'US Navy revenait sur sa décision, un programme d'escorte navale ne restaurerait qu'une fraction du volume de trafic maritime normal du détroit. Selon une analyse de Lloyd's List, un scénario d'escorte optimiste verrait le trafic quotidien de pétroliers chuter à moins de 10 % de sa capacité normale. Typiquement, entre 45 et 50 pétroliers transitent chaque jour par le détroit. Un système d'escorte, contraint par le canal étroit et le nombre de navires de guerre disponibles, ne pourrait probablement guider que 5 à 10 navires commerciaux à la fois.
Pour faire face au choc d'approvisionnement immédiat, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont accepté de libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques de pétrole. Cependant, le goulot d'étranglement logistique à Ormuz reste le principal point de pression pour les marchés mondiaux de l'énergie.
Les menaces asymétriques iraniennes entravent la réponse navale
La réticence de la Navy est enracinée dans les capacités militaires asymétriques de l'Iran plutôt que dans sa flotte conventionnelle. Les experts en sécurité avertissent que même un convoi lourdement armé est vulnérable aux missiles antinavires, aux drones, aux essaims de vedettes rapides et aux embarcations explosives sans pilote iraniens. Ces menaces rendent la garantie de la sécurité des navires commerciaux presque impossible.
Le risque le plus important est le déploiement potentiel de mines navales, ce qui pourrait complètement fermer le détroit pendant une période prolongée et compliquer considérablement toute tentative de le rouvrir. Bien que les alliés européens discutent d'un soutien, toute action est à un stade « très préliminaire ». La France a promis des navires de guerre mais a précisé qu'ils ne seraient déployés pour des missions d'escorte qu'après la fin de la phase « la plus intense » du conflit.