Hapag-Lloyd anticipe une forte baisse de ses bénéfices en 2026
Hapag-Lloyd, la cinquième plus grande ligne de conteneurs au monde, a annoncé le 26 mars 2026 qu'elle s'attendait à des bénéfices considérablement inférieurs pour l'année. Le géant du transport maritime allemand a souligné une combinaison de la baisse des taux de fret, du ralentissement de la croissance du marché et des graves perturbations opérationnelles découlant de la guerre en Iran. Cet avertissement sur les bénéfices envoie un signal baissier à l'ensemble du secteur de la logistique, indiquant que les pressions financières sur les réseaux commerciaux mondiaux s'intensifient.
Les prix du fioul de soute ont doublé depuis fin février
L'impact le plus immédiat du conflit a été sur les coûts du carburant, une dépense d'exploitation critique pour les compagnies maritimes. Le prix du VLSFO (Very Low Sulphur Fuel Oil) à Singapour, une référence mondiale, a grimpé de 525 dollars la tonne le 27 février à plus de 1 100 dollars la tonne fin mars, avant de se replier à 894,50 dollars. Cette flambée reflète la profonde anxiété du marché concernant le détroit d'Ormuz, un point d'étranglement pour 20 % du pétrole brut mondial. Les armateurs craignent désormais des pénuries de carburant, ce qui les pousse à sécuriser leurs approvisionnements 30 jours à l'avance, une augmentation marquée par rapport à la fenêtre habituelle de 10 jours. Ajoutant à la tension, l'Iran facturerait des frais allant jusqu'à 2 millions de dollars pour le passage sécurisé des navires des nations non hostiles à travers le détroit.
Le PIB de la zone euro fait face à une réduction de 0,3 % si le pétrole atteint 100 dollars
La crise du transport maritime se répercute sur l'économie européenne au sens large, ravivant les préoccupations en matière d'inflation. Les prix du Brent ont brièvement dépassé les 110 dollars le baril début mars, et les modèles économiques prévoient que des prix du pétrole maintenus autour de 100 dollars pourraient réduire le PIB de la zone euro de 0,3 point de pourcentage d'ici la fin de 2026. Un scénario plus grave, avec le pétrole grimpant vers 140 dollars le baril, pourrait réduire le PIB de 1 % et pousser l'inflation au-dessus de 4 %. Les secteurs européens à forte consommation d'énergie, en particulier la chimie, sont très vulnérables. Les producteurs de produits chimiques de la région sont déjà confrontés à des prix du gaz naturel structurellement plus élevés, et la récente flambée menace d'éroder davantage leur compétitivité face à leurs rivaux américains et asiatiques.
Le risque d'escalade reste une préoccupation majeure. Une nouvelle escalade pourrait également provenir des efforts américains pour rouvrir le détroit d'Ormuz ou cibler les actifs stratégiques de l'Iran, des mesures qui provoqueraient probablement une réponse iranienne plus forte.
— Dan Alamariu, Stratège Géopolitique en chef, Alpine Macro.