Le 30 mars, les prix de l'or ont opéré un net renversement, grimpant d'environ 1,5% pour se maintenir au-dessus du niveau de 4,500 dollars l'once. Ce mouvement a été une réaction directe à un message sur les médias sociaux du président américain Donald Trump, qui a confirmé des « discussions sérieuses » avec ce qu'il a appelé « UN NOUVEAU RÉGIME, PLUS RAISONNABLE » pour désamorcer le conflit en Iran. L'annonce a tiré le métal précieux d'une forte baisse qui l'avait vu atteindre un plus bas de quatre mois à 4,097.99 dollars plus tôt dans la séance.
Le redressement intraday a été caractérisé par les traders comme un rallye de "short squeeze", les actifs risqués et les actions trouvant également un soutien.
Le renversement dramatique est survenu après le message de Trump sur Truth Social. La nouvelle a déclenché des inversions généralisées sur les marchés – métaux, énergie et actions confondus.
— David Meger, Directeur du trading des métaux chez High Ridge Futures.
Des signaux contradictoires maintiennent le Brent au-dessus de 116 dollars
Malgré l'optimisme suscité par les commentaires de Trump, les marchés sont aux prises avec une série de signaux contradictoires qui tempèrent les attentes d'une résolution rapide. Le même jour, Trump a également menacé d'« anéantir » les sources d'énergie de l'Iran si un accord n'était pas conclu. De plus, le ministère des Affaires étrangères iranien a publiquement nié toute négociation directe avec les États-Unis, décrivant la proposition en 15 points de Washington comme « irréaliste » et « déraisonnable ».
Cette incertitude se reflète sur les marchés de l'énergie, où le Brent, référence internationale, s'est négocié au-dessus de 116 dollars le baril. Le prix reste en hausse de plus de 40% depuis le début du conflit le 28 février, tiré par le blocus efficace du détroit d'Ormuz par l'Iran. La vigueur simultanée de l'or, valeur refuge traditionnelle, et des actions plus risquées suggère que les investisseurs couvrent leurs paris plutôt que de s'engager sur un scénario unique.
Les craintes de taux ont pesé sur l'or, en baisse de 20% par rapport à son pic
La volatilité récente s'inscrit dans un contexte plus large difficile pour l'or. Le métal a chuté de plus de 20% par rapport à son pic record de 5,594.82 dollars atteint le 29 janvier. Le conflit au Moyen-Orient a ravivé les craintes d'inflation en faisant grimper les prix de l'énergie, augmentant les attentes du marché quant à des taux d'intérêt plus élevés et plus durables. En tant qu'actif non rémunérateur, l'attrait de l'or diminue lorsque les taux d'intérêt augmentent, ce qui augmente le coût d'opportunité de sa détention.
Cette dynamique a conduit l'or à se comporter davantage comme un actif risqué que comme une valeur refuge traditionnelle. Les analystes de Saxo Bank ont noté que pendant ce « choc macroéconomique tiré par l'offre », l'or est devenu « une source de liquidité… évoluant en phase avec les tensions plus larges du marché, ne parvenant ainsi pas à fournir le soutien traditionnel de valeur refuge ». Soulignant cette pression, l'or venait d'enregistrer sa pire performance hebdomadaire depuis 1983 le vendredi précédant l'annonce.