La crise énergétique pousse le sentiment des investisseurs allemands à -0,5
La confiance des experts du marché financier allemand s'est désintégrée en mars, écrasée par la flambée des prix de l'énergie résultant du conflit au Moyen-Orient. L'indicateur ZEW du sentiment économique est tombé à -0,5, une chute vertigineuse par rapport au chiffre de 58,3 de février. Ce résultat, basé sur une enquête menée auprès de 178 analystes du 9 au 16 mars, était bien inférieur aux prévisions consensuelles des économistes de 38,5 et représente la première lecture négative de l'indice depuis avril de l'année dernière.
L'indicateur ZEW s'est effondré. L'escalade au Moyen-Orient fait grimper les prix de l'énergie et augmente la pression inflationniste. Cela accentue le risque pour l'économie allemande de voir la tendance émergente de reprise économique ralentir.
— Achim Wambach, Président du ZEW.
Le secteur industriel en difficulté alors que les coûts d'intrants grimpent de 600 €/tonne
Le choc des prix de l'énergie résonne à travers le cœur industriel de l'Allemagne, l'enquête ZEW soulignant une détresse aiguë dans les secteurs de l'automobile, de la chimie et de la pharmacie. Ces industries, traditionnellement le moteur de la croissance allemande, font désormais face à une demande affaiblie et à des dépenses opérationnelles en flèche. La crise contraint les entreprises à prendre des mesures commerciales drastiques alors qu'elles luttent pour absorber l'explosion soudaine des coûts.
Sur le marché européen des produits chimiques, la situation est devenue chaotique. Les producteurs de polyéthylène (PE) et de polypropylène (PP) activent des clauses de difficulté dans leurs contrats pour répercuter les coûts. Les premières demandes d'augmentation de prix d'environ 200 €/tonne pour mars ont maintenant atteint des demandes de 400-600 €/tonne. C'est une conséquence directe de la flambée des prix du pétrole brut, du naphta et du gaz naturel, qui servent de matières premières critiques. Un distributeur a souligné la gravité de la situation, déclarant : « Les accords liés aux monomères seront déchirés ».
Le risque de stagflation augmente alors que la BCE fait face à un dilemme politique
Le fort ralentissement économique combiné à une inflation galopante tirée par l'énergie présente une menace stagflationniste classique pour la plus grande économie d'Europe. Les perspectives de croissance sombres sont aggravées par la pression des marchés financiers. Les attentes de hausses de taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) ont augmenté depuis fin février, augmentant les coûts d'emprunt et comprimant davantage le sentiment dans les secteurs sensibles aux taux comme la construction.
Cette dynamique place la BCE dans une position difficile. Bien que la banque centrale doive maintenir ses taux lors de sa prochaine réunion, elle doit relever le double défi de contenir l'inflation sans endommager davantage une économie fragile. Le potentiel d'un conflit prolongé au Moyen-Orient suggère que les prix élevés de l'énergie et l'incertitude économique continueront de peser sur le sentiment du marché, augmentant la probabilité d'une récession allemande.