Les instituts réduisent la croissance du PIB 2026 à 0,8%
Les principaux instituts de recherche économique allemands, dont Ifo et l'Institut de Kiel, ont abaissé jeudi leurs prévisions de croissance du PIB pour 2026 pour la première économie européenne, les ramenant de 1,0% à 0,8%. Cette révision à la baisse reflète des inquiétudes grandissantes concernant les retombées économiques de la guerre en Iran. Dans un scénario plus sévère où les prix du pétrole resteraient obstinément élevés, les instituts ont averti que la croissance pourrait encore ralentir jusqu'à seulement 0,6% cette année. L'Institut RWI Leibniz a fait écho à ce sentiment baissier, abaissant sa propre prévision de croissance pour 2026 de 1,0% à 0,9%.
Le choc énergétique alimente le risque de stagflation européenne
Le principal moteur de ces perspectives révisées est la forte augmentation des coûts de l'énergie, le pétrole brut ayant récemment dépassé les 120 dollars le baril pour la première fois en quatre ans. La perturbation causée par le conflit sur des routes maritimes vitales comme le détroit d'Ormuz, qui gère un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole, a amplifié la volatilité des prix. Par conséquent, l'Ifo prévoit que l'inflation allemande pourrait atteindre un pic proche de 3,0% si les prix de l'énergie ne reculent pas, une révision frappante par rapport à sa prévision précédente de 2,0%. Cette combinaison de ralentissement de la croissance et de hausse des prix signale un risque croissant de stagflation, une menace qui s'étend à travers le continent. Le commissaire européen à l'économie, Valdis Dombrovskis, a averti que l'inflation à l'échelle du bloc pourrait dépasser 3% et que la croissance pourrait être réduite de 0,4 point de pourcentage si le Brent restait près de 100 dollars le baril.
Le stimulus intérieur masque un moteur d'exportation défaillant
La modeste reprise de l'Allemagne est désormais principalement tirée par la consommation intérieure, soutenue par un plan de relance budgétaire d'environ 1 000 milliards de dollars pour les infrastructures et la défense. Cela marque un changement significatif par rapport au modèle économique allemand traditionnellement puissant et orienté vers l'exportation, qui, selon l'Institut de Kiel, n'apportera que peu d'impulsion à l'économie cette année. La dépendance aux dépenses publiques souligne une fragilité sous-jacente de la reprise, qui pourrait ne pas être auto-entretenue sans le soutien budgétaire.
Sans les mesures de relance financées par des déficits budgétaires élevés, l'élan serait si modéré qu'il ne pourrait pas être qualifié de reprise auto-entretenue.
— Stefan Kooths, responsable des prévisions économiques, Institut de Kiel.