La proposition de plafonnement du TGA se heurte à des résistances concernant les besoins de flux de trésorerie de 825 milliards de dollars
Une analyse de Bank of America Securities conclut qu'une proposition visant à faciliter la réduction du bilan de la Réserve fédérale en plafonnant le compte général du Trésor (TGA) est "hautement improbable" d'être mise en œuvre. Le mécanisme suggère que le plafonnement du compte principal du Trésor forcerait l'excédent de trésorerie à entrer dans le système bancaire, augmentant ainsi les réserves. Cela, à son tour, donnerait théoriquement à la Fed la marge de manœuvre nécessaire pour reprendre le resserrement quantitatif (QT) — en vendant des actifs de son bilan — afin de drainer ces réserves nouvellement créées sans perturber les marchés monétaires.
Cette idée revisite un mécanisme d'avant la crise de 2008, connu sous le nom de programme Treasury Tax & Loan (TT&L), qui était conçu pour lisser les flux de trésorerie du gouvernement. Cependant, le plan se heurte à une forte opposition du Trésor lui-même. L'objectif de trésorerie minimum du département est basé sur ses cinq prochains jours de sorties projetées, qui ont atteint en moyenne environ 825 milliards de dollars depuis le début de l'année. Le maintien d'un solde important est considéré comme essentiel pour gérer des paiements massifs, en particulier pendant les saisons de remboursement d'impôts ou les rachats de dettes importants.
Le Trésor cite des risques de liquidité et opérationnels inacceptables
La réticence du Trésor est le principal obstacle à la proposition de plafonnement du TGA. Un tampon de trésorerie plus petit pourrait introduire des risques de liquidité significatifs, perturbant potentiellement la capacité du gouvernement à effectuer des paiements en temps voulu. Bank of America souligne qu'au-delà de l'opposition du Trésor, deux autres obstacles majeurs existent.
Premièrement, les banques commerciales pourraient ne pas vouloir accepter les dépôts importants et imprévisibles du Trésor. Ces fonds gouvernementaux sont moins stables que les dépôts de détail, ce qui rend la gestion des liquidités plus complexe pour les banques. Deuxièmement, le plan introduirait une volatilité extrême lors des négociations sur le plafond de la dette. Dans de tels scénarios, la gestion des flux de trésorerie via un TGA plafonné ou un système TT&L relancé deviendrait exceptionnellement difficile, créant une nouvelle source d'instabilité financière.
Les modèles internationaux jugés inapplicables aux États-Unis
Bien que d'autres pays emploient des systèmes similaires, leurs modèles ne sont pas facilement transférables aux États-Unis. La banque centrale du Canada met aux enchères quotidiennement les dépôts gouvernementaux auprès des banques commerciales. Au Royaume-Uni, c'est le Debt Management Office (DMO), et non la banque centrale, qui gère activement les flux de trésorerie quotidiens. Cette approche nécessite souvent l'émission de dettes ad hoc pour gérer la liquidité, une pratique qui entre directement en conflit avec la politique de longue date du Trésor américain de maintenir un calendrier d'émission d'obligations "régulier et prévisible".
Même si le plan était adopté, tout assouplissement initial des conditions de financement serait de courte durée. L'afflux de liquidités du TGA ferait temporairement baisser les taux à court terme, mais cet effet serait inversé dès que la Fed initierait le QT pour absorber l'excès de liquidité. BofA conclut que les complexités opérationnelles et la résistance politique l'emportent largement sur les avantages théoriques, rendant la proposition inapplicable.