Les contrats à terme sur le gaz européen bondissent de 50% suite à l'arrêt de la production au Qatar
Les contrats à terme sur le gaz naturel européen ont bondi de plus de 50% lors de leur plus forte hausse en une seule journée depuis mars 2022, alors qu'une attaque militaire a forcé la plus grande base d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde à fermer. Cette flambée des prix a brutalement mis fin à une période de calme, où le contrat de référence avait chuté de 19% le mois dernier en raison d'un temps doux et d'une offre suffisante.
La crise a éclaté après que QatarEnergy a annoncé l'arrêt de la production de GNL dans son complexe de Ras Laffan. La société a confirmé qu'une frappe de drone avait endommagé le réservoir d'eau d'une centrale électrique et une autre installation énergétique, la conduisant à déclarer un cas de force majeure sur les livraisons de GNL. Cette décision retire effectivement une pierre angulaire de l'approvisionnement mondial en gaz du marché, créant une incertitude immédiate pour les acheteurs du monde entier.
La fermeture du détroit d'Ormuz menace 20% du flux mondial de GNL
L'arrêt de la production est aggravé par une crise géopolitique qui a pratiquement paralysé le transport maritime dans le détroit d'Ormuz. Cette voie navigable, une artère essentielle pour l'énergie mondiale, gère environ un cinquième des exportations mondiales de GNL. Bien que l'Iran ait déclaré n'avoir aucune intention de bloquer le détroit, le conflit militaire dans la région a poussé les navires à éviter la zone.
Les risques logistiques devraient encore s'intensifier. Plus de la moitié des plus grandes associations d'assurance maritime du monde cesseront de fournir une couverture de risque de guerre pour les navires entrant dans le golfe Persique à partir de ce jeudi. Cette décision devrait étouffer toute volonté restante des armateurs de charger des cargaisons dans la région, créant un blocus de facto et intensifiant le choc de l'approvisionnement.
Goldman Sachs avertit que les prix pourraient doubler alors que l'Europe fait face à une crise des stocks
L'Europe est particulièrement vulnérable à cette perturbation de l'approvisionnement. Le continent termine la saison de chauffage hivernal avec des stocks de gaz anormalement bas et nécessite d'importantes importations de GNL pendant l'été pour reconstituer les stocks avant l'hiver prochain. L'arrêt soudain du Qatar et la paralysie du transport maritime créent un défi sérieux pour cet effort de réapprovisionnement.
Les analystes financiers prévoient désormais des prix élevés et soutenus. Goldman Sachs estime qu'une fermeture d'un mois du détroit d'Ormuz pourrait faire plus que doubler les prix du gaz naturel européen. Ce scénario réintroduirait une pression inflationniste significative sur les économies européennes et compliquerait les opérations industrielles, au moment où la région se remettait de la dernière crise énergétique.