Les prix du gaz européen chutent de 6,4% sur de fragiles espoirs diplomatiques
Les contrats à terme sur le gaz naturel européen ont connu une forte baisse, dictée par le sentiment, le contrat à terme du TTF néerlandais de premier mois chutant de 6,4% à 50,58 euros par mégawattheure à 07:50 UTC+0. Cette chute a été provoquée par les espoirs du marché d'une percée diplomatique au Moyen-Orient, illustrant une sensibilité extrême aux gros titres géopolitiques. Cet optimisme a créé un décalage marqué entre les marchés financiers et la réalité physique des perturbations croissantes de l'approvisionnement. En revanche, le contrat gazier américain Nymex est resté dans une « saison creuse » de faible demande, clôturant en légère hausse de 0,3% à 2,952 $/MMBtu.
Les chocs d'approvisionnement s'intensifient avec les pannes au Qatar et en Iran
Le sentiment optimiste du marché se heurte aux dommages graves et croissants subis par l'infrastructure mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL). QatarEnergy a déclaré un cas de force majeure sur certains de ses contrats d'approvisionnement après que son usine de Ras Laffan ait subi d'importants dégâts suite à des attaques, un développement que Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a déclaré avoir mis hors service 20% de l'approvisionnement mondial en GNL. Aggravant la crise, l'Iran a interrompu toutes ses exportations de gaz vers la Turquie suite à une frappe sur son champ gazier de South Pars la semaine précédente, resserrant encore davantage l'approvisionnement régional avant les saisons de pointe de la demande.
Les analystes préviennent de pics de prix estivaux alors que les stocks de l'UE tombent en dessous de 29%
Le principal risque pour la stabilité énergétique mondiale est un conflit prolongé qui force l'Europe à concurrencer directement l'Asie pour des cargaisons de GNL rares. Les niveaux de stockage de gaz de l'Union européenne sont tombés en dessous de 29%, un seuil critique qui nécessite un réapprovisionnement agressif et coûteux avant l'hiver. Cette vulnérabilité amplifie l'impact du choc d'approvisionnement, les analystes avertissant d'augmentations significatives des prix si les pannes persistent. Patrick Pouyanné de TotalEnergies a articulé le potentiel d'une flambée spectaculaire des prix.
[Les prix du gaz naturel européen] pourraient atteindre 40 $/MMBtu au cours de l'été si le conflit continue.
— Patrick Pouyanné, PDG, TotalEnergies