Les rendements obligataires européens augmentent jusqu'à 10 points de base
Les rendements des obligations d'État en Europe ont fortement augmenté mercredi, la hausse des prix de l'énergie ayant alimenté les inquiétudes concernant une nouvelle vague d'inflation. Le rendement du Bund allemand à 10 ans, une référence clé pour la région, a augmenté de 6 points de base pour atteindre 2,897 %. D'autres dettes souveraines ont suivi, avec des rendements sur les obligations françaises, italiennes et belges à 10 ans grimpant jusqu'à 10 points de base. Au Royaume-Uni, le rendement des gilts à 10 ans a augmenté de 8 points de base pour atteindre 4,641 %.
Les bons du Trésor américain se sont avérés plus résistants, bien que leurs rendements aient également augmenté. Le rendement du Trésor à 10 ans a ajouté 3,3 points de base pour atteindre 4,167 %. Cette moindre variation reflète la position des États-Unis en tant qu'exportateur net d'énergie, ce qui les isole partiellement des chocs pétroliers mondiaux par rapport aux nations européennes importatrices d'énergie.
Le Brent gagne 5,6% alors que les tensions à Ormuz s'intensifient
La vente massive d'obligations d'État correspond directement à un pic des prix du pétrole causé par l'escalade du conflit au Moyen-Orient. Le Brent, référence internationale, a augmenté de 5,6% pour atteindre 92,80 dollars le baril, tandis que le brut West Texas Intermediate (WTI) a gagné 6,2% pour atteindre 88,65 dollars. Les augmentations de prix reflètent les tensions en cours, y compris le minage du détroit d'Ormuz par l'Iran, un canal critique pour les expéditions mondiales de pétrole. Une brève baisse des prix suite à la proposition de l'Agence Internationale de l'Énergie de libérer 400 millions de barils des réserves stratégiques a été rapidement inversée alors que l'incertitude géopolitique persistait.
Les marchés anticipent une hausse de 25 points de base de la BCE, annulent les paris sur une baisse de la BoE
La hausse soudaine des coûts de l'énergie a contraint à une rapide réévaluation des attentes de politique de la banque centrale. Pour la Banque Centrale Européenne, les marchés monétaires anticipent désormais une augmentation des taux d'intérêt de 25 points de base d'ici septembre, un renversement marqué par rapport aux attentes précédentes selon lesquelles la banque maintiendrait ses taux stables cette année. Ce changement a été renforcé par les commentaires du décideur politique de la BCE, Peter Kazimir, qui a noté qu'une hausse des taux pourrait être plus proche que prévu.
Au Royaume-Uni, les attentes des investisseurs concernant un assouplissement monétaire se sont évaporées. Avant le conflit, les marchés avaient évalué à 83% la probabilité d'une baisse des taux de la Banque d'Angleterre lors de sa réunion du 19 mars. Désormais, les paris sur une baisse ont été presque entièrement supprimés, les marchés anticipant une chance minimale de réduction jusqu'en 2026. Cela reflète les craintes que le choc énergétique puisse ajouter entre 0,3 et 1,2 point de pourcentage à l'indice des prix à la consommation du Royaume-Uni, qui s'élève déjà à 3,0 %, bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la BoE.