La baisse de l'euro en mars atteint 2,5%, la pire depuis 2024
L'euro a fortement chuté face au dollar américain, enregistrant une baisse de 2,5% en mars, sa pire performance mensuelle depuis juillet 2024. Cette baisse contribue à une perte trimestrielle d'environ 2%, plaçant l'euro dans son trimestre le plus faible depuis 2024. Actuellement échangé autour de 1,15 dollar, la monnaie a connu un renversement spectaculaire par rapport à sa force de fin janvier, lorsqu'elle avait dépassé 1,20 dollar pour atteindre un plus haut de près de cinq ans. Les stratèges de Morgan Stanley prévoient désormais que l'euro pourrait tomber à 1,13 dollar.
Le marché des options signale un record de quatre ans pour les paris baissiers
Les marchés des produits dérivés dressent un tableau encore plus sombre que les prévisions des analystes. Ce mois-ci, la demande d'options protégeant contre une chute de l'euro a atteint un sommet en quatre ans, signalant une inquiétude profonde des investisseurs. La forte préférence pour les paris haussiers observée plus tôt dans l'année a complètement disparu, le sentiment du marché étant désormais résolument baissier. Ce changement n'est pas uniforme; si les traders parient fortement contre l'euro face au yen japonais, ils restent haussiers sur l'euro par rapport à la livre sterling, soulignant une divergence significative entre les paires de devises.
Le choc énergétique ravive les craintes de stagflation pour l'Europe
La flambée des prix de l'énergie, causée par l'escalade du conflit au Moyen-Orient, ravive la logique commerciale de 2022. Avec le pétrole brut Brent dépassant les 115 dollars le baril, la forte dépendance de l'Europe aux importations d'énergie expose à nouveau sa vulnérabilité économique. Cette situation pousse la Banque Centrale Européenne (BCE) dans une impasse politique, la forçant à faire face à une inflation croissante alors même que l'activité économique ralentit. Cette pression stagflationniste est aggravée par l'optimisme décroissant autour des relances budgétaires, l'Allemagne et l'Italie envisageant toutes deux de revoir à la baisse leurs prévisions de croissance officielles, en accord avec les récentes coupes de l'OCDE.