Les ministres de l'UE se réunissent alors que la guerre provoque une flambée de 75 % du prix du gaz
Les ministres de l'Énergie de l'Union européenne tiendront une réunion d'urgence le lundi 16 mars pour élaborer une réponse à la flambée des coûts de l'énergie causée par la guerre en Iran. Le conflit a fait grimper les prix de référence du gaz naturel en Europe de 75 % depuis son début, exerçant une pression intense sur les responsables pour protéger les consommateurs et les industries des hausses de prix paralysantes. La réunion se concentrera sur la rédaction de plans d'urgence visant à atténuer l'impact des prix du pétrole et du gaz, qui ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis 2022.
L'AIE confirme la plus grande perturbation de l'approvisionnement pétrolier de l'histoire
Cette course politique intervient alors que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a confirmé que la guerre avait causé la "plus grande perturbation de l'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier mondial". La fermeture quasi totale du détroit d'Ormuz a fait disparaître les 20 millions de barils de pétrole qui transitaient quotidiennement par cette voie navigable cruciale, représentant 20 % de l'approvisionnement mondial échangé. L'AIE prévoit que cela entraînera une chute de 8 millions de barils par jour de l'approvisionnement mondial en pétrole en mars. En réponse, les principaux producteurs, dont l'Arabie saoudite, le Koweït et l'Irak, ont été contraints de réduire leur production de 10 millions de barils par jour au total en raison d'un manque de capacité de stockage et d'exportation.
Les réserves stratégiques n'offrent qu'un soulagement limité face à la flambée des coûts
Pour contrecarrer ce choc, les 32 nations membres de l'AIE ont lancé le plus grand déstockage coordonné jamais réalisé, soit 400 millions de barils issus des réserves stratégiques de pétrole. Cependant, l'agence a qualifié cette mesure de "palliatif", car les turbulences du marché continuent de frapper directement les consommateurs. Aux États-Unis, les prix moyens de l'essence ont grimpé de plus de 20 % pour atteindre 3,63 dollars le gallon, contre 2,98 dollars avant la guerre. Le prix du diesel, essentiel pour le transport routier et la logistique, a bondi de 28 % pour atteindre 4,83 dollars le gallon. La douleur économique devrait persister, car les attaques contre les infrastructures énergétiques, telles que l'installation gazière de Ras Laffan au Qatar, nécessiteront des semaines ou des mois pour retrouver leur pleine capacité même après la fin du conflit.