L'UE promulgue un accord provisoire, réduisant de 35% les droits de douane automobiles
La Commission européenne appliquera provisoirement son accord commercial avec les nations du Mercosur — l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay — à partir du 1er mai 2026. Cette décision active les composants clés de l'accord, notamment l'élimination progressive des droits de douane sur plus de 90% des biens échangés entre les deux blocs économiques. L'impact immédiat offre un avantage significatif aux exportateurs européens, en particulier l'industrie automobile, qui fait actuellement face à des droits de douane d'environ 35% sur les voitures vendues aux pays du Mercosur. L'accord crée effectivement une zone de libre-échange englobant plus de 700 millions de personnes, une initiative que la Commission présente comme un moyen de construire des chaînes d'approvisionnement plus résilientes et d'ouvrir de nouvelles opportunités de croissance.
Le recours juridique entraîne un délai de ratification de 16 mois
Malgré les avantages économiques, l'avenir à long terme de l'accord reste incertain. En janvier, le Parlement européen a voté de justesse pour renvoyer l'accord à la Cour de justice de l'Union européenne pour un examen juridique, un processus qui suspend le vote de ratification final et devrait durer entre 16 et 26 mois. Cette application provisoire sert de contournement, poussée par des États membres comme l'Allemagne et l'Espagne, pour garantir un accès plus rapide au marché.
Le retard découle d'une vive opposition au sein de l'UE. Des nations comme la France et la Pologne ont exprimé de fortes objections, arguant que l'autorisation d'importations agricoles moins chères de bœuf, de volaille et de sucre d'Amérique du Sud créerait une concurrence déloyale et nuirait aux agriculteurs européens. Cette division politique souligne le conflit entre les ambitions d'exportation industrielle de l'UE et son secteur agricole protégé.
La priorité est maintenant de transformer cet accord UE-Mercosur en résultats concrets, en donnant aux exportateurs de l'UE la plateforme dont ils ont besoin pour saisir de nouvelles opportunités.
— Maros Sefcovic, Négociateur commercial en chef de la Commission européenne.