Les prix record de l'énergie réduisent les prévisions de PIB du Japon de 0,2 %
Les prix de l'essence, qui atteignent des sommets historiques, se répercutent sur le Japon alors que le conflit au Moyen-Orient perturbe les expéditions vitales d'énergie, plaçant l'économie du pays dans une position précaire. La guerre en cours devrait réduire de 0,2 % la croissance du produit intérieur brut du Japon au cours du prochain exercice fiscal. En tant que pays du G-7 le plus dépendant des importations d'énergie, le Japon tire environ 90 % de son pétrole et de son gaz des routes traversant le Golfe. Ce choc énergétique aggrave les pressions économiques existantes, y compris le coût des denrées alimentaires qui a augmenté de près de 4 % l'année dernière, laissant peu de tolérance publique pour de nouvelles hausses de prix.
Une dette à 230 % du PIB limite les options de Takaichi
La fragilité économique du Japon est en grande partie auto-infligée, enracinée dans ses finances publiques périlleuses. Le ratio dette publique/PIB du pays avoisine les 230 %, limitant sévèrement la capacité du gouvernement à déployer des mesures de relance budgétaire pour contrecarrer le ralentissement. Cette vulnérabilité financière est exacerbée par une monnaie affaiblie, le yen approchant des plus bas de plusieurs décennies et étant estimé sous-évalué d'au moins 15 %. Cette faiblesse monétaire, associée au large excédent commercial bilatéral du Japon, reste une source majeure de frictions avec l'administration Trump, qui a déjà imposé un tarif général de 15 % et des droits de 50 % sur l'acier et l'aluminium japonais.
Le sommet américain accentue la pression sur le commerce et l'aide militaire
La rencontre de la Première ministre Sanae Takaichi avec le président Donald Trump, prévue jeudi, se déroule dans un contexte de pression géopolitique et économique intense. Les États-Unis ont demandé l'assistance navale du Japon pour sécuriser le détroit d'Ormuz, une demande que Tokyo a jusqu'à présent rejetée, citant des restrictions constitutionnelles sur son armée. Cependant, avec une économie chancelante et des menaces de nouveaux tarifs douaniers, Takaichi dispose d'une faible position de négociation. Trump devrait tirer parti de la vulnérabilité économique du Japon pour faire pression en faveur d'engagements tant sur la coopération militaire que sur des mesures visant à réduire son excédent commercial, laissant à la Première ministre peu de marge de manœuvre.