Le rétatrutide entraîne une perte de poids de 16,8 % lors d'un essai sur le diabète
Eli Lilly a annoncé le 19 mars que son candidat-médicament de nouvelle génération, le rétatrutide, avait réussi son premier essai de phase avancée pour le diabète de type 2. L'étude a montré que le médicament aidait significativement les patients à gérer leur glycémie et à perdre du poids. Sur 40 semaines, les patients prenant du rétatrutide ont vu leur taux d'hémoglobine A1C baisser en moyenne de 1,7 % à 2,0 %, contre une réduction de 0,8 % dans le groupe placebo. Dans un objectif secondaire clé, les patients recevant la dose la plus élevée ont perdu en moyenne 16,8 % de leur poids corporel, soit environ 37 livres, tandis que le groupe placebo n'a perdu que 2,6 %. Il est à noter que la perte de poids n'avait pas encore atteint un plateau à la fin de l'étude de 40 semaines, suggérant un potentiel d'efficacité encore plus grand sur des périodes plus longues.
Le médicament « triple-G » surpasse ses prédécesseurs et défie Novo Nordisk
Le rétatrutide, surnommé médicament « triple-G », représente une évolution plus puissante dans les traitements métaboliques. Il active trois récepteurs hormonaux distincts — GLP-1, GIP et glucagon — pour supprimer l'appétit, contrôler la glycémie et augmenter la dépense calorique. Ce mécanisme est conçu pour produire une perte de poids plus importante que les leaders actuels du marché comme le Zepbound de Lilly et le Wegovy de Novo Nordisk. Les nouveaux résultats de l'essai dépassent la performance du Zepbound dans un essai similaire sur le diabète, qui avait montré environ 9 % de perte de poids. De plus, l'efficacité du rétatrutide semble encore plus prononcée dans d'autres groupes de patients, car un essai précédent chez des personnes atteintes d'arthrose du genou a montré une perte de poids moyenne allant jusqu'à 29 % après 68 semaines. Ces résultats soulignent la stratégie de Lilly visant à creuser son avance sur le marché en plein essor des médicaments contre l'obésité, qui pèse plusieurs milliards de dollars.
Le pipeline de Lilly renforce sa position sur le marché
La forte performance du rétatrutide est un élément crucial de la stratégie plus large d'Eli Lilly visant à assurer sa domination dans les traitements métaboliques. La société développe également une pilule orale de perte de poids, l'orforglipron, qu'elle prévoit de lancer au deuxième trimestre après l'approbation anticipée de la FDA. Cette approche double, combinant un injectable très puissant et une pilule quotidienne pratique, offre à Lilly un portefeuille complet pour concurrencer des rivaux comme Novo Nordisk. Bien que les experts notent que les effets secondaires comme les nausées et les vomissements sont cohérents avec cette classe de médicaments, la puissance pure du rétatrutide a soulevé des inquiétudes quant à une utilisation potentiellement inappropriée pour une perte de poids mineure, témoignant de son efficacité record.