Lilly exige la fin du système de remises de plusieurs milliards de livres sterling au Royaume-Uni
Le 30 mars, Eli Lilly a lancé un ultimatum public au Royaume-Uni, déclarant qu'elle ne reprendrait pas ses investissements sans des changements significatifs dans les politiques de tarification des médicaments du pays. Le président international de l'entreprise, Patrik Jonsson, a exigé que le Service national de santé (NHS) augmente régulièrement les prix des médicaments et supprime complètement un système de remises de plusieurs milliards de livres qui réduit les bénéfices des entreprises pharmaceutiques. La déclaration lie directement ces concessions commerciales à toute future allocation de capital au Royaume-Uni.
Cette position de négociation agressive est rendue possible par la formidable performance boursière d'Eli Lilly. L'action de l'entreprise a surperformé l'industrie pharmaceutique à grande capitalisation, affichant un gain de 23,4% au cours des six derniers mois, contre une hausse de 14% pour le secteur. Cette croissance est principalement tirée par la forte demande pour ses médicaments GLP-1, Mounjaro pour le diabète et Zepbound pour la perte de poids, qui sont devenus des moteurs essentiels de la croissance du chiffre d'affaires. Cette solidité financière confère à l'entreprise un levier significatif dans ses négociations avec les systèmes de santé nationaux.
L'entreprise réaffecte ses capitaux avec 3 milliards de dollars d'investissements en Chine
Contrastant fortement avec sa position conditionnelle sur l'investissement au Royaume-Uni, Eli Lilly renforce sa présence sur le marché chinois. L'entreprise a récemment annoncé un plan d'investissement de 3 milliards de dollars sur les dix prochaines années pour étendre considérablement sa chaîne d'approvisionnement et sa capacité de fabrication en Chine. Cet investissement vise stratégiquement à construire un système de production localisé pour ses médicaments, y compris sa pilule GLP-1 orale de nouvelle génération, l'orforglipron, dont le lancement est prévu en 2026.
La démarche de Lilly s'inscrit dans une tendance plus large des géants pharmaceutiques à étendre leur empreinte en Asie. Le concurrent Novartis a également récemment détaillé un plan d'expansion de 460 millions de dollars pour ses opérations en Chine. Pour Eli Lilly, la Chine est déjà devenue son deuxième plus grand marché mondial. La décision d'engager un capital substantiel à long terme en Chine tout en faisant pression sur le Royaume-Uni signale une réaffectation stratégique claire des ressources vers des marchés offrant des conditions de croissance et des termes commerciaux plus favorables.