L'indice du dollar grimpe à 98,566 suite au choc géopolitique
Les attaques militaires lancées par les États-Unis et Israël contre l'Iran ce week-end, suivies par des frappes de représailles de Téhéran, ont déclenché une fuite vers la sécurité classique sur les marchés mondiaux. L'indice du dollar DXY a réagi en grimpant à un plus haut de cinq semaines de 98,566 en début de séance européenne. En tant que principale monnaie de réserve mondiale, le dollar connaît généralement une demande accrue pendant les périodes d'incertitude géopolitique et de guerre, les entités internationales cherchant à sécuriser leurs liquidités.
La force du dollar a été aggravée par une forte augmentation des prix du pétrole résultant du conflit. Étant donné que les États-Unis sont un exportateur net de pétrole, des prix du brut plus élevés améliorent les termes de l'échange du pays. En outre, des prix du pétrole élevés augmentent le risque d'inflation persistante, réduisant les attentes du marché quant aux baisses de taux d'intérêt par la Réserve fédérale et rendant le dollar plus attrayant à détenir.
L'euro atteint son plus bas niveau post-2015 face au franc suisse, valeur refuge
Le franc suisse a affirmé son statut de monnaie refuge ultime, se renforçant considérablement face à l'euro. Le taux de change EUR/CHF a chuté à 0,9032, un niveau jamais vu depuis que la Banque nationale suisse (BNS) a supprimé son ancrage monétaire en 2015. Selon les analystes de Commerzbank, le franc bénéficie du fait que l'attrait d'autres valeurs refuges traditionnelles comme le dollar et le yen japonais s'est érodé en raison, respectivement, de la politique américaine erratique et des préoccupations fiscales japonaises.
La confiance des investisseurs dans le franc est également renforcée par la capacité limitée de la BNS à affaiblir sa monnaie. Avec son taux directeur déjà à zéro et une réticence à gonfler son bilan par des interventions de change à grande échelle, la banque centrale dispose de peu d'outils pour contrer l'appréciation du franc, laissant sa trajectoire ascendante largement dégagée.
La couronne liée au pétrole gagne du terrain alors que l'euro flanche
La faiblesse de l'euro ne s'est pas limitée au franc. La monnaie unique a également chuté à un plus bas de cinq semaines de 1,1697 dollar face au dollar américain en hausse. Le sentiment d'aversion au risque et la fuite des actifs européens ont également impacté l'euro par rapport aux monnaies liées aux matières premières. La couronne norvégienne, bénéficiant de son lien avec la hausse des prix du pétrole puisque la Norvège est un exportateur majeur, a enregistré des gains significatifs.
L'euro a chuté à un plus bas de deux ans et demi de 11,1358 contre la couronne. Ce mouvement souligne comment le conflit au Moyen-Orient crée des résultats divergents sur les marchés des devises, pénalisant les monnaies des importateurs nets d'énergie comme la zone euro tout en récompensant celles des exportateurs d'énergie comme la Norvège et les États-Unis.