Les prix du charbon européen grimpent de 26% alors que le conflit au Moyen-Orient perturbe le gaz
Les prix du charbon thermique européen ont grimpé à leur plus haut niveau depuis octobre 2023, en raison de l'escalade du conflit militaire au Moyen-Orient qui menace la sécurité énergétique mondiale. Le prix du charbon à vapeur pour l'Europe du Nord-Ouest a augmenté de 26% depuis la fin de la semaine dernière, atteignant 133,18 dollars la tonne métrique mardi. Ce mouvement fait suite à une attaque américaine et israélienne contre l'Iran ce week-end, qui a provoqué des représailles iraniennes endommageant des infrastructures énergétiques critiques en Arabie saoudite et au Qatar.
En réponse, le Qatar, l'un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), a interrompu sa production après avoir intercepté deux drones iraniens. Cette perturbation a entraîné une flambée d'environ 70% des prix du gaz naturel européen et a effectivement stoppé le trafic maritime à travers le détroit d'Ormuz, un point d'étranglement pour un cinquième du GNL mondial. Cette forte hausse des prix du gaz crée une incitation directe pour les producteurs d'électricité à se tourner vers une alternative moins chère.
"Le gaz et le charbon peuvent être considérés comme des biens substituables dans la production d'électricité. Lorsque la production de gaz devient coûteuse, davantage de production d'électricité à partir de charbon aura lieu, ce qui augmentera la demande de charbon thermique et donc son prix."
— UBS, dans une note aux clients.
Les producteurs prêts à bénéficier alors que les contraintes d'approvisionnement augmentent
Ce rallye devrait profiter aux plus grands producteurs mondiaux de charbon thermique, notamment Glencore, cotée à Londres, Bumi Resources en Indonésie, Whitehaven Coal en Australie et Peabody Energy, basée à St. Louis. La flambée des prix offre également un coup de pouce significatif aux bénéfices de l'Australie et de l'Indonésie, les deux premiers exportateurs mondiaux, qui représentent respectivement 18% et 48% des expéditions mondiales.
À la pression sur les prix s'ajoutent des préoccupations d'approvisionnement préexistantes. Le gouvernement indonésien a annoncé en janvier son intention de réduire sa production de charbon d'environ 24% cette année pour atteindre environ 600 millions de tonnes. Bien que les prix de l'énergie restent bien en dessous des sommets observés pendant la crise ukrainienne de 2022 et que certains analystes considèrent les perturbations actuelles au Moyen-Orient comme temporaires, la combinaison d'une demande soudaine et de réductions d'approvisionnement planifiées crée un vent arrière puissant pour le marché du charbon.