Le brut WTI chute de plus de 31 %, alimentant les rumeurs d'intervention
L'action extrême des prix sur le marché pétrolier a conduit les traders à spéculer que le gouvernement américain a secrètement commencé à vendre des contrats à terme pour plafonner les prix. Lundi, après avoir brièvement poussé le brut Brent vers 120 dollars le baril, les prix se sont violemment inversés, le West Texas Intermediate (WTI) chutant de plus de 31 % par rapport à son plus haut de séance pour se stabiliser dans la fourchette des 80 dollars. Cette volatilité inhabituelle, motivée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a suscité de nombreuses questions quant à la source des ordres de vente massifs et non identifiés.
Les cabinets de conseil en énergie ont signalé une augmentation des demandes de clients concernant une potentielle intervention gouvernementale. Rapidan Energy Group, un cabinet de conseil fondé par un ancien conseiller énergétique de la Maison Blanche, a noté que l'idée du Trésor vendant des contrats à terme gagnait une "traction inhabituelle". Tout en qualifiant cette démarche d'« sans précédent », le cabinet a déclaré qu'il ne pouvait « pas complètement l'exclure » étant donné le niveau actuel de stress du marché.
Le PDG du CME met en garde contre un « désastre biblique » en cas d'ingérence
Dans une déclaration publique rare et directe, le PDG du CME Group, Terry Duffy, a averti l'administration Trump de ne pas interférer avec la fixation des prix des matières premières. Duffy a déclaré que toute tentative du gouvernement américain de supprimer les prix du pétrole en manipulant le marché des contrats à terme aurait des conséquences catastrophiques pour l'intégrité du marché.
Si le gouvernement s'immisce dans la fixation des prix des matières premières, ce sera un désastre biblique.
— Terry Duffy, PDG de CME Group.
L'avertissement de Duffy souligne les enjeux élevés d'une telle mesure. En tant qu'opérateur de la principale bourse américaine de contrats à terme sur le pétrole, le chef du CME Group a fait valoir qu'une intervention gouvernementale éroderait gravement la confiance des investisseurs qui sous-tend la découverte des prix sur les marchés mondiaux. Bien que le Trésor américain ait nié toute intervention, le réprimande publique d'un acteur clé du marché souligne la gravité de la spéculation.
Des déclarations américaines contradictoires approfondissent l'incertitude du marché
Les messages contradictoires des responsables américains ont ajouté à la confusion du marché. Mardi, la secrétaire américaine à l'Énergie, Chris Wright, a provoqué une baisse des prix du pétrole après avoir publié sur les réseaux sociaux que l'US Navy escortait un pétrolier à travers le détroit stratégique d'Ormuz. Le message a été supprimé quelques minutes plus tard, et la Maison Blanche a par la suite nié qu'une quelconque escorte ait eu lieu.
L'incident a laissé les acteurs du marché s'interroger sur la fiabilité des communications officielles américaines. John Evans, analyste chez PVM Oil Associates, a écrit qu'il n'était pas clair si le message était une "erreur totalement embarrassante ou quelque chose de plus sinistre et manipulateur". Cette combinaison de rumeurs d'intervention non confirmées et de déclarations officielles erratiques a créé une double incertitude pour les investisseurs, qui doivent désormais naviguer entre le risque géopolitique et des signaux politiques imprévisibles.