CLSA ajoute ONGC, citant une décote de valorisation de 35%
La banque d'investissement CLSA opère une rotation stratégique de son portefeuille vers une posture plus défensive en réponse aux tensions géopolitiques croissantes entre les États-Unis et l'Iran et à leur effet sur les prix de l'essence. La firme surpondère désormais les marchés en Chine, en Australie, à Singapour et en Malaisie, tout en réduisant son exposition à la Corée du Sud. Dans un changement de portefeuille clé, CLSA a remplacé le fabricant d'électronique Xiaomi par l'Oil and Natural Gas Corporation (ONGC), une entreprise publique indienne.
La thèse d'investissement de CLSA pour ONGC repose sur la valorisation et les catalyseurs futurs. L'analyse de la firme suggère que le prix de l'action d'ONGC reflète déjà un prix du pétrole brut Brent inférieur à 65 dollars le baril, ce qui représente une décote significative de 35% par rapport aux prix spot actuels. CLSA a identifié deux moteurs clés pour une potentielle réévaluation : le lancement attendu de deux nouveaux gisements de gaz majeurs au cours des quatre prochains mois et la réaction positive du marché si aucune nouvelle taxe sur les profits exceptionnels n'est annoncée dans les semaines à venir.
ONGC à la traîne alors que la taxe sur les profits exceptionnels ponctionne les bénéfices au-delà de 100 dollars le Brent
La décision de CLSA intervient alors que la performance boursière d'ONGC se dissocie de l'envolée des prix mondiaux de l'énergie. Alors que le Brent s'est constamment négocié au-dessus de 100 dollars le baril, les actions d'ONGC ont chuté de près de 8% au cours des 15 derniers jours. Cette divergence est le résultat direct de la politique du gouvernement indien, qui limite la capacité de l'entreprise à capitaliser sur les prix élevés. Une taxe sur les profits exceptionnels imposée par le gouvernement, connue sous le nom de Special Additional Excise Duty (SAED), et des plafonds sur les prix du gaz naturel détournent efficacement les bénéfices « supernormaux » du producteur.
Cette pression politique est aggravée par une faiblesse plus large du marché. Le marché boursier indien a connu de fortes baisses, y compris une chute de 1 470 points de l'indice Sensex le 13 mars, poussé par un sentiment de « d'aversion au risque » qui a déclenché 11 sessions consécutives de ventes par les investisseurs institutionnels étrangers (FII). L'indice Nifty Oil & Gas a reculé de plus de 1%, avec ONGC parmi les retardataires notables. Les analystes soulignent ce vent contraire politique comme le principal facteur pesant sur le titre.
La récente baisse des actions d'ONGC malgré les prix élevés du pétrole brut mondial est principalement due à un décalage induit par la politique et à un risque de marché plus large. Alors que les prix élevés du pétrole stimulent normalement les revenus de l'amont, la taxe sur les profits exceptionnels (SAED) du gouvernement indien et les plafonds de prix du gaz naturel sur les anciens gisements détournent efficacement les bénéfices « supernormaux ».
— Santosh Meena, Responsable de la recherche chez Swastika Investmart.