La demande européenne explose tandis que les délais d'approvisionnement se réduisent à 1-2 mois
L'instabilité géopolitique au Moyen-Orient a fondamentalement modifié l'approche européenne en matière d'énergies renouvelables, transformant l'éolien offshore d'une option de lutte contre le changement climatique en un impératif urgent de sécurité énergétique. Ce virage stratégique contraint à des calendriers accélérés pour des initiatives majeures, notamment la septième enchère de contrats pour différence (AR7) du Royaume-Uni et les projets Nordseecluster de l'Allemagne. Les clients européens privilégiant la certitude de livraison, leurs cycles de décision d'approvisionnement ont été considérablement réduits, passant de 3-6 mois standard à seulement 1-2 mois.
Ce rythme effréné a redirigé une vague d'affaires vers les fabricants chinois, équipés pour répondre à la demande. Goldwind Science & Technology a signalé une augmentation de 150 % d'une année sur l'autre de ses commandes à l'étranger en 2025. Le carnet de commandes à l'étranger de Dajin Heavy Industry a dépassé les 10 milliards de yuans, et son calendrier de production est désormais complet jusqu'en 2027. L'urgence est si aiguë qu'en septembre 2025, un géant européen de l'énergie a payé à Dajin des frais de 14 millions d'euros simplement pour garantir sa capacité de production future, soulignant la valeur accordée à la livraison garantie.
La part de marché de Dajin dans l'UE atteint 29,1 % alors que les fournisseurs locaux fléchissent
Un moment charnière est survenu le 1er mars, lorsque le fabricant européen SeAH Wind a vu son contrat de fourniture pour le projet Hornsea3 de 2,9 GW au Royaume-Uni résilié en raison de retards de production. Le déficit d'approvisionnement a été immédiatement comblé par des entreprises chinoises, dont Dajin Heavy Industry, consolidant leur rôle d'acteurs essentiels dans la transition énergétique européenne. Cet événement a contribué à faire passer la part de marché de Dajin pour les composants de fondation clés en Europe de 18,5 % en 2024 à 29,1 % au premier semestre 2025.
Le succès des fournisseurs chinois découle de deux avantages fondamentaux : le coût et la certitude. En s'approvisionnant en acier auprès de partenaires nationaux comme Baosteel à des prix environ 30 % inférieurs à ceux pratiqués en Europe, ils créent un tampon de coût significatif. De plus, des entreprises comme Dajin proposent un modèle de livraison à destination (DAP), utilisant leurs propres navires de transport spécialisés pour assumer tous les risques d'expédition et de logistique. Cette combinaison de prix compétitifs et de livraison fiable, de bout en bout, s'avère décisive pour les clients européens.
Les entreprises construisent des bases dans l'UE pour contrer les risques d'expédition et commerciaux
Malgré la flambée des commandes, les entreprises chinoises sont confrontées à d'importants obstacles, notamment une augmentation de 30 à 50 % des coûts d'expédition due aux déviations de routes autour de la mer Rouge et la menace imminente de barrières commerciales de l'UE comme le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF). Pour atténuer ces risques, les entreprises leaders localisent agressivement leurs opérations en Europe, passant de simples exportateurs à des partenaires intégrés.
Cette stratégie implique des investissements importants dans les infrastructures locales. Tianshun Wind Energy construit une base de production à Cuxhaven, en Allemagne, tandis que Mingyang Smart Energy investit 1,5 milliard de livres sterling dans une base industrielle à chaîne complète au Royaume-Uni. Dajin Heavy Industry s'est associée à un chantier naval polonais pour créer un modèle « Fabriqué en Chine, assemblé en Europe ». Cette présence localisée ne se contente pas de se prémunir contre les risques de politique commerciale, mais positionne également ces entreprises pour capter de nouvelles croissances, avec des demandes provenant de marchés du Moyen-Orient comme le projet NEOM d'Arabie saoudite augmentant de plus de 300 % début 2026.