La Cour rejette une action en justice intentée 5 jours après le transfert de brevet
La Cour populaire suprême de Chine a rejeté un appel en contrefaçon de brevet contre la société de robotique Unitree Technology, éliminant un obstacle juridique important pour l'introduction en bourse (IPO) prévue de l'entreprise. La Cour a confirmé la décision d'un tribunal inférieur selon laquelle le chien robot Gox d'Unitree n'enfreint pas un brevet détenu par la société de cosmétiques Luweimei. La Cour a émis une rare condamnation publique, décrivant les tactiques juridiques de Luweimei comme « méticuleusement calculées et pourtant inconstantes » et une violation claire du principe de bonne foi.
Luweimei a acquis le brevet pour un « chien électronique » le 25 juin 2025 et a intenté une action en justice contre Unitree seulement cinq jours plus tard, le 1er juillet. La Cour a constaté que les produits d'Unitree manquaient des principales caractéristiques techniques du brevet, telles qu'un « capteur de gaz » et une « fourrure bionique changeant de couleur ». La décision a souligné que les propres activités commerciales de Luweimei sont totalement indépendantes de la technologie du brevet, renforçant l'évaluation de son intention malveillante.
La tactique de « sniping » dévoilée avec des frais de dépôt de 50 yuans
Cette affaire expose une stratégie connue sous le nom de « patent sniping », où des entités utilisent le système juridique pour faire pression sur les entreprises pendant des périodes financièrement sensibles comme une introduction en bourse. Luweimei a initialement affirmé que ses pertes de marché dépassaient 200 millions de yuans, mais son procès ne réclamait que 500 yuans de dommages et intérêts, une démarche calculée pour minimiser les frais de dépôt au tribunal, qui s'élevaient à seulement 50 yuans. Lors de l'appel, l'indemnisation demandée par Luweimei a fluctué de 80 millions de yuans à 500 yuans en une journée, un mouvement que la cour a cité comme preuve de sa stratégie erratique et coercitive.
Les experts juridiques notent que cette approche crée un puissant « levier procédural ». Pour le plaignant, le coût initial est minimal, tandis que la cible — le candidat à l'IPO — fait face à une pression immense due aux retards potentiels de cotation, à l'examen réglementaire et à la confiance fluctuante des investisseurs. Les attaquants visent à forcer un règlement de grande valeur de la part d'entreprises désespérées de protéger leur calendrier d'offre publique.
La décision renforce l'environnement des IPO technologiques en Chine
Cette décision historique envoie un signal judiciaire fort indiquant que les tribunaux chinois distinguent la défense légitime des brevets des litiges opportunistes. En condamnant les motifs du plaignant, la Cour suprême déplace son attention de la simple « légalité formelle » vers un examen de la « bonne foi substantielle ». Le verdict signifie que les droits de propriété intellectuelle ne peuvent être utilisés comme un outil d'extorsion et que les procédures juridiques ne sont pas une monnaie d'échange.
La décision renforce la position des entreprises technologiques innovantes et de leurs bailleurs de fonds en capital-risque. Elle réduit le risque que des litiges malveillants puissent faire dérailler des introductions en bourse légitimes, favorisant ainsi un environnement plus stable et prévisible pour les marchés de capitaux. Pour Unitree, la décision élimine une incertitude critique, lui permettant de poursuivre ses plans de cotation avec une plus grande confiance.