Les plans de satellites s'envolent avec plus de 1,2 million de nouveaux déploiements
L'ampleur des déploiements de satellites prévus a considérablement augmenté, propulsée par les dépôts stratégiques des principales puissances spatiales mondiales. La Chine a récemment soumis à l'Union Internationale des Télécommunications (UIT) des plans pour des constellations totalisant plus de 200 000 satellites. Cela fait suite à une demande déposée par SpaceX auprès de la Commission Fédérale des Communications (FCC) des États-Unis fin janvier 2026 pour un nombre stupéfiant de 1 million de satellites. Ces initiatives devraient porter le nombre total de lancements annuels de satellites à plus de 10 000 d'ici 2030, transformant l'orbite terrestre basse en un hub d'infrastructure critique pour les communications et le calcul.
La ruée orbitale est fondamentalement une course aux ressources. L'orbite terrestre basse et ses fréquences associées sont finies, fonctionnant sur une base de « premier arrivé, premier servi » selon les règles de l'UIT. Avec une capacité théorique estimée entre 100 000 et 150 000 satellites en orbite terrestre basse, ces nouvelles soumissions massives sont une tentative claire d'assurer une domination stratégique. L'accent immédiat est mis sur les satellites de communication, où la Chine rattrape les près de 10 000 satellites déjà déployés par Starlink de SpaceX.
Le marché photovoltaïque spatial est prêt pour une croissance 9 fois supérieure à celle du secteur terrestre
Le boom imminent des satellites devrait créer un marché photovoltaïque spatial de cent gigawatts, étendant sa valeur bien au-delà de l'industrie solaire terrestre actuelle. Aujourd'hui, le marché photovoltaïque spatial est un segment de niche de 30 MW évalué à seulement 2 % de son homologue terrestre. Cependant, les analystes prévoient trois phases de croissance exponentielle. Premièrement, le lancement de constellations de satellites de communication denses créera un marché de l'ordre du gigawatt, portant sa valeur à 40 % du marché terrestre.
Deuxièmement, à mesure que les premières « constellations de calcul » alimentées par l'IA entreront en service, la demande de photovoltaïque spatial devrait atteindre le niveau de 10 gigawatts, sa valeur totale dépassant alors le marché photovoltaïque terrestre. La phase finale sera impulsée par l'essor des satellites de calcul IA dominants et à grande échelle, ce qui pourrait pousser la demande totale à plus de 100 GW. À cette échelle, la valeur du marché photovoltaïque spatial devrait être neuf fois supérieure à celle de l'ensemble du marché solaire terrestre, alimentée par des centres de données spatiaux gourmands en énergie.
Les limites de ressources forcent le passage au silicium et aux pérovskites
L'augmentation massive de la demande en énergie satellitaire forcera un changement technologique des cellules solaires traditionnelles de qualité spatiale, créant de nouveaux leaders dans la chaîne d'approvisionnement photovoltaïque. La norme industrielle actuelle, les cellules à l'arséniure de gallium (GaAs), repose sur l'élément rare germanium pour son substrat. La production mondiale de germanium ne peut supporter qu'une estimation de 300 à 500 MW de fabrication annuelle de cellules GaAs, créant un goulot d'étranglement sévère alors que la demande se dirige vers le niveau de plusieurs gigawatts.
Cette contrainte de ressources ouvre la porte à des alternatives moins chères et plus évolutives comme le silicium cristallin (c-Si) et les cellules tandem à pérovskite. Des technologies telles que les cellules tandem HJT de type P et silicium-pérovskite, qui sont déjà dominées par les fabricants chinois pour une utilisation terrestre, sont maintenant adaptées à l'espace. Ces technologies offrent un moyen de réduire considérablement les coûts tout en améliorant les rapports puissance/poids, en particulier lorsqu'elles sont associées à des panneaux solaires flexibles. Cette transition gonfle la valeur des matériaux d'encapsulation spécialisés ; le verre UTG de qualité spatiale et les films de gel de silicone modifiés sont évalués de 100 à 1 000 fois plus que leurs équivalents terrestres, ce qui représente une opportunité massive pour les fournisseurs de matériaux avancés.