Les États-Unis lancent une vaste enquête commerciale ciblant 16 économies
Les États-Unis ont ouvert un nouveau front dans les différends commerciaux mondiaux, lançant une vaste enquête en vertu de la section 301 de la loi sur le commerce de 1974 contre 16 de leurs plus grands partenaires commerciaux. L'enquête, annoncée par le Représentant américain au Commerce (USTR), vise notamment la Chine, l'Union européenne, le Japon, le Mexique et la Corée du Sud. L'USTR a déclaré que l'enquête vise à déterminer si les pratiques liées à la « surcapacité » industrielle sont « déraisonnables ou discriminatoires » et pèsent sur le commerce américain.
Cette action fait suite à une décision de la Cour suprême du 20 février qui a invalidé les précédents droits de douane d'urgence de l'administration comme illégaux, éliminant une estimation de 1 600 milliards de dollars de recettes publiques projetées au cours de la prochaine décennie. La Maison Blanche a depuis imposé un droit de douane temporaire de 10 % sur toutes les importations en vertu de la section 122, mais cette mesure doit expirer le 24 juillet, créant une date limite pour que la nouvelle enquête de la section 301 aboutisse à un cadre tarifaire plus permanent.
La Chine dénonce l'enquête, citant les règles de l'OMC
Pékin a rapidement condamné l'enquête, le négociateur commercial international et vice-ministre Li Chenggang déclarant que la Chine s'opposait fermement à l'action « unilatérale » des États-Unis. Les responsables chinois ont qualifié l'enquête de « mouvement unilatéral typique » qui risque de perturber gravement les règles du commerce international. Un porte-parole du ministère du Commerce a noté qu'un groupe d'experts de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) avait précédemment jugé que les droits de douane imposés par le biais des enquêtes de la section 301 violaient les réglementations de l'OMC. La Chine a également rejeté les allégations de Washington concernant la surcapacité industrielle, arguant que cette allégation ne devrait pas être utilisée comme prétexte à la manipulation politique et qu'elle se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts.
Les partenaires mondiaux en alerte alors que les coûts tarifaires menacent les ménages américains
L'enquête américaine a mis les économies mondiales en état d'alerte. L'Union européenne a promis de réagir « fermement et proportionnellement » si Washington impose des droits de douane qui enfreignent les accords commerciaux existants. Le Japon, la Corée du Sud et la Thaïlande ont également exprimé leurs préoccupations et se préparent à des consultations avec les autorités américaines. Cette décision introduit une incertitude significative dans une économie mondiale déjà mise à rude épreuve par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d'approvisionnement.
Les analystes avertissent que l'impact principal pourrait retomber sur les consommateurs et les entreprises. Une étude des démocrates du Congrès a projeté que le nouveau programme tarifaire de l'administration pourrait coûter aux ménages américains en moyenne 2 512 dollars en 2026, soit une augmentation de 44 % par rapport aux coûts tarifaires de l'année précédente. Cette augmentation potentielle des prix des biens importés intervient alors que les entreprises et les consommateurs du monde entier, y compris aux États-Unis, sont confrontés à de nouveaux vents contraires économiques.