Nouvelle loi imposant le mandarin et démantelant l'autonomie des minorités
La législature chinoise a codifié la campagne d'assimilation de longue date du président Xi Jinping dans une nouvelle loi nationale, officialisant l'intégration culturelle des 55 minorités ethniques officiellement reconnues du pays. Cette législation remplace effectivement la loi sur l'autonomie ethnique régionale des années 1980, qui promettait une autonomie limitée et la liberté linguistique. Les nouvelles règles imposent l'utilisation du chinois standard comme langue principale dans toutes les écoles et les lieux publics, exigeant que tous les élèves aient une maîtrise fondamentale du mandarin au collège.
Cette politique officialise les actions déjà mises en œuvre dans des régions comme le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie intérieure, où une mesure similaire en 2020 visant à remplacer les manuels en langue mongole avait provoqué de vastes protestations. La loi vise à forger un « fort sentiment de communauté pour la nation chinoise » centré sur la culture et la langue de la majorité Han.
Cela sonne le glas de la promesse initiale du parti d'une autonomie significative.
— James Leibold, Professeur à l'Université La Trobe.
Pour les investisseurs étrangers et les sociétés multinationales, la caractéristique la plus préoccupante de cette loi est sa portée extraterritoriale. Elle accorde aux autorités chinoises le pouvoir de tenir légalement responsables les individus et les groupes situés en dehors de la Chine pour avoir sapé l'unité nationale ou s'être livrés à des « actes séparatistes ». Cette disposition crée un cadre de risque juridique similaire à la loi sur la sécurité nationale imposée à Hong Kong en 2020, qui a été utilisée pour cibler des militants étrangers et crée une incertitude significative en matière de conformité et d'opérations pour les entreprises internationales.
La clause étend la juridiction légale de Pékin au-delà de ses frontières, signalant une posture plus agressive dans la répression de la dissidence et le contrôle du récit mondial sur ses politiques internes. Cela augmente le potentiel de friction géopolitique et complique l'évaluation des risques pour toute entité exposée à la Chine, car des actions jugées permissibles ailleurs pourraient être interprétées comme illégales en vertu de cette nouvelle loi.