L'inflation mondiale s'intensifie alors que l'OCDE prévoit un taux américain de 4,2 %
La guerre en cours en Iran envoie un puissant choc inflationniste à travers l'économie mondiale, principalement en raison de la flambée des coûts de l'énergie. Le Brent brut, la référence mondiale du pétrole, a augmenté de 3,3 % pour atteindre 105,60 dollars le baril alors que le conflit étouffe l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz. En réponse, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a lancé un avertissement sévère, révisant sa prévision d'inflation globale pour les États-Unis en 2026 à 4,2 %, une augmentation substantielle par rapport à sa projection de 3,0 % en décembre. L'organisation a noté que, bien que sa prévision de croissance du PIB mondial pour 2026 reste à 2,9 %, cette stabilité masque d'importantes pressions sous-jacentes sur les prix qui mettront à l'épreuve la résilience de l'économie mondiale.
Les analystes mettent en garde contre des conséquences encore plus graves si le conflit persiste. Un scénario où les prix mondiaux du pétrole atteindraient 135 dollars le baril pourrait ajouter 0,7 point de pourcentage supplémentaire à l'inflation mondiale cette année. Larry Fink, PDG de BlackRock, a averti que des prix du pétrole soutenus près de 150 dollars pourraient déclencher une récession mondiale, soulignant les graves risques économiques auxquels sont confrontés les décideurs politiques.
La Banque du Canada signale un virage hawkish le 26 mars
Reflétant la pression internationale croissante, la Banque du Canada (BdC) a adopté un ton nettement hawkish. Le 26 mars, la sous-gouverneure principale Carolyn Rogers a déclaré que la banque agirait pour protéger l'économie du risque d'une inflation persistante. Elle a directement lié la hausse attendue des prix à l'augmentation des coûts de l'énergie découlant de la guerre en Iran. Cette déclaration signale un virage politique clair, augmentant la probabilité de hausses de taux d'intérêt ou d'un retard dans les baisses de taux anticipées.
La position de la BdC devrait avoir des conséquences directes sur le marché. Une politique monétaire plus agressive renforcerait probablement le dollar canadien (CAD). Cependant, elle augmenterait également les coûts d'emprunt, exerçant une pression à la baisse sur les actions canadiennes et pouvant freiner la croissance économique plus large à un moment où l'activité mondiale montre déjà des signes de faiblesse.
Les PMI sonnent l'alarme de la stagflation alors que la croissance faiblit
Les enquêtes commerciales de mars révèlent une dynamique préoccupante de ralentissement de la croissance couplée à la hausse des prix, pointant vers l'émergence de conditions stagflationnistes. Les indices composites des directeurs d'achat (PMI) compilés par S&P Global ont montré des baisses synchronisées dans les principales économies, y compris les États-Unis, la zone euro et l'Australie, où l'indice est tombé en territoire de contraction. Aux États-Unis, l'activité commerciale a progressé à son rythme le plus lent en près d'un an.
Dans le même temps, les pressions sur les prix s'intensifient. L'inflation des coûts des intrants en Allemagne, la plus grande économie d'Europe, a accéléré à son rythme le plus rapide en plus de trois ans, tandis qu'une mesure similaire pour le secteur manufacturier britannique a enregistré son plus grand bond depuis 1992. La combinaison de ces événements a poussé l'économiste en chef de S&P Global à une évaluation sombre.
Le flash PMI de la zone euro fait sonner les cloches d'alarme de la stagflation alors que la guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix fortement tout en étouffant la croissance.
— Chris Williamson, Économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence.
Cet environnement présente un dilemme difficile pour la Banque du Canada et ses homologues mondiaux. Les banques centrales doivent désormais équilibrer la nécessité de contrôler une inflation galopante avec le risque d'exacerber un ralentissement économique, un défi qui définira la politique monétaire pour un avenir prévisible.