Le PIB du T4 se contracte de 0,6% alors que les entreprises liquident leurs stocks
L'économie canadienne s'est contractée à un taux annualisé de 0,6% au quatrième trimestre de 2025, un déclin plus prononcé que la baisse de 0,2% anticipée par les économistes. Cette croissance négative, rapportée par Statistique Canada, a été majoritairement entraînée par une réduction des stocks des entreprises, les fabricants et les grossistes ayant déstocké les marchandises accumulées plus tôt dans l'année. Cette réduction a été le principal frein au PIB et a inversé l'expansion révisée à la baisse de 2,4% du trimestre précédent.
Alors que les stocks diminuaient, d'autres secteurs ont montré de la résilience. La demande intérieure finale, une mesure des dépenses totales, a augmenté de 2,4% en rythme annualisé. Les dépenses des ménages ont augmenté de 0,4% en rythme non annualisé, tirées par les dépenses de loyer et de services financiers. Cependant, le taux d'épargne des ménages est tombé à 4,4% contre 5,2% au trimestre précédent, suggérant que les consommateurs puisent dans leurs économies pour maintenir leurs niveaux de dépenses. Pendant ce temps, l'investissement en capital des entreprises a glissé de 0,1%.
Le commerce avec les États-Unis se refroidit alors que les exportations chutent à 64% de part
Dans le cadre d'une poussée stratégique visant à réduire la dépendance économique vis-à-vis des États-Unis, les schémas commerciaux du Canada ont continué de changer. La part des États-Unis dans les exportations canadiennes est passée d'environ 70% à 64% à la fin de 2025. De même, les importations en provenance des États-Unis ont diminué pour représenter moins de 57% du total des importations, contre 60%. Malgré une augmentation des exportations mondiales au dernier trimestre, les exportations totales canadiennes pour l'année ont diminué de 1,7%, en partie à cause d'un ralentissement des expéditions vers les États-Unis au deuxième trimestre.
Les dépenses publiques ont fourni un coup de pouce notable, augmentant de 0,8% au cours du trimestre, soutenues pour le deuxième trimestre consécutif par des investissements dans les systèmes d'armes. Ces dépenses font partie de la stratégie plus large du Premier ministre Mark Carney visant à renforcer la résilience économique du Canada face aux politiques protectionnistes américaines.
La croissance annuelle ralentit à 1,7%, assombrissant les perspectives de 2026
Le faible quatrième trimestre a contribué à une performance léthargique pour l'ensemble de l'année, avec une croissance du PIB réel de seulement 1,7% en 2025 — le rythme le plus lent depuis la chute provoquée par la pandémie en 2020. Cette performance est inférieure aux attentes de la Banque du Canada, qui avait projeté une croissance nulle au T4 mais prévoit maintenant une croissance moyenne modeste de 1,1% pour 2026. Les premières données pour 2026 suggèrent un démarrage discret, l'estimation préliminaire de Statistique Canada indiquant que le PIB était essentiellement inchangé en janvier.
Ajoutant à la prudence des perspectives, la croissance des salaires a montré des signes de ralentissement. La rémunération des employés n'a augmenté que de 0,5% au quatrième trimestre, une décélération par rapport à l'augmentation de 1% au troisième trimestre. La combinaison d'un ralentissement de la croissance, d'un refroidissement des salaires et d'un taux d'épargne plus faible indique une période d'ajustement économique difficile pour le Canada à l'approche de la nouvelle année.