Le marché du travail canadien se contracte de 83 900 emplois en février
Le marché de l'emploi canadien a connu une grave contraction en février, perdant 83 900 emplois, ce qui représente la plus forte baisse mensuelle depuis janvier 2009, en excluant la période pandémique. Les données, publiées par Statistique Canada, contrastaient fortement avec les prévisions des économistes qui tablaient sur un gain modeste de 10 000 emplois. Cette perte surprise a poussé le taux de chômage national à la hausse de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 6,7 %, portant le déclin total de l'emploi pour 2026 à près de 109 000.
La faiblesse s'est concentrée sur les emplois de meilleure qualité. Une perte de 108 400 emplois à temps plein a plus que compensé l'ajout de 24 500 postes à temps partiel. Le secteur privé a enregistré les plus grandes pertes, tandis que les chiffres du secteur public et de l'auto-emploi sont restés stables. Indiquant un ralentissement supplémentaire, le total des heures travaillées a chuté de 1,1 %, la baisse la plus prononcée depuis début 2022.
Inutile d'édulcorer la situation, c'est tout simplement un résultat brutal. Le rapport était faible presque de bout en bout.
— Douglas Porter, économiste en chef chez Bank of Montreal Capital Markets.
Le dollar canadien atteint son plus bas niveau en 10 jours alors que les paris de hausse de taux s'évaporent
Les investisseurs ont réagi immédiatement aux chiffres de l'emploi lamentables, vendant le dollar canadien et réduisant leurs paris sur de futures hausses de taux d'intérêt par la Banque du Canada. Le huard s'est affaibli de 0,6 % face à son homologue américain pour atteindre 1,3722, son niveau le plus bas depuis le 3 mars. Sur la semaine, la devise a reculé de 1,1 %, sa pire performance hebdomadaire depuis début janvier.
Le rapport a considérablement refroidi le sentiment belliciste avant la prochaine réunion de politique de la Banque du Canada. Les marchés monétaires ont rapidement réévalué les chances d'un futur resserrement, les hausses de taux escomptées pour 2025 chutant de 44 points de base à 36 points de base après la publication des données. Ce changement s'est également reflété sur le marché obligataire, où le rendement des obligations du gouvernement canadien à 2 ans a chuté de 6,1 points de base pour atteindre 2,761 %.
Le ralentissement manufacturier et les risques commerciaux aggravent la faiblesse
Le rapport sur l'emploi amplifie les signes existants de fragilité économique, en particulier au sein du cœur industriel du Canada. Les données récentes pour janvier ont montré que les ventes manufacturières ont chuté de 3,0 % pour atteindre 68,7 milliards de dollars, en grande partie à cause d'une baisse de 18,2 % dans le sous-secteur des équipements de transport. Les ventes de véhicules automobiles ont plongé de 38,9 % pour atteindre leur plus bas niveau depuis septembre 2021, car plusieurs grandes usines automobiles en Ontario ont prolongé les arrêts hivernaux pour la réoutillage.
Les pressions externes, principalement des États-Unis, ajoutent une autre couche de risque. L'incertitude persistante entourant l'examen obligatoire de l'accord commercial USMCA et l'impact des tarifs américains ont été citées par les économistes comme une cause principale du « tournant inquiétant » du marché du travail. Avec un taux de chômage de 6,7 %, le marché du travail canadien est désormais le deuxième plus faible parmi les nations du G7, juste derrière la France.