L'économie canadienne croît de 0,1 % en janvier, faisant preuve de résilience
L'économie du Canada a progressé de 0,1 % en janvier, une expansion surprise qui a déjoué les attentes d'une croissance nulle et a suggéré une certaine résilience alors que la Banque du Canada évalue l'impact de la hausse des coûts de l'énergie et de l'incertitude commerciale persistante.
« Ce n'était pas exceptionnel, mais le début de la nouvelle année ou de l'économie canadienne n'a pas été aussi mauvais que prévu », a déclaré Katherine Judge, économiste principale chez CIBC Marchés des capitaux, notant que l'économie n'était que de 0,6 % au-dessus des niveaux de l'année précédente.
Cette modeste progression, qui fait suite à un gain de 0,2 % en décembre, a été tirée par une expansion de 0,2 % dans les industries productrices de biens, selon Statistique Canada. La vigueur des secteurs des mines, de l'extraction de pétrole et de gaz, et de la construction a compensé une forte contraction de 1,4 % dans le secteur manufacturier. Une estimation provisoire pour février suggère que la croissance pourrait s'accélérer pour atteindre 0,2 %.
Ce début d'année meilleur que prévu place l'économie sur la voie de la prévision de croissance annualisée de 1,8 % de la Banque du Canada pour le premier trimestre, un revirement significatif par rapport à la contraction de 0,6 % enregistrée au quatrième trimestre de 2025. Cela pourrait donner à la banque centrale la marge de manœuvre nécessaire pour maintenir son taux directeur inchangé pendant qu'elle évalue les risques liés à l'impact de la guerre en Iran sur les prix du pétrole et les pics d'inflation potentiels.
Les données de janvier fournissent un signal fragile mais positif pour l'économie canadienne, qui a dû faire face aux vents contraires des politiques protectionnistes américaines et à la volatilité du secteur manufacturier. La chute de 1,4 % dans le secteur manufacturier a effacé toute la croissance observée dans le secteur en décembre, soulignant l'impact continu des tarifs douaniers sur des industries clés comme l'automobile, l'acier et l'aluminium.
Cependant, la résilience est venue d'autres domaines. Le secteur de la construction a progressé pour un troisième mois consécutif, la construction résidentielle affichant une vigueur notable. Le secteur critique des mines, de l'extraction de pierres, de pétrole et de gaz a également progressé, aidant à contrer la faiblesse des usines.
Les industries productrices de services, qui représentent la plus grande partie de l'économie canadienne, sont restées globalement stables. Les gains dans le commerce de détail, la finance et l'assurance ont été compensés par des baisses dans le commerce de gros et l'immobilier.
Les économistes pensent que la Banque du Canada maintiendra sa politique actuelle tout au long de 2026, compte tenu notamment de l'incertitude du contexte mondial. « L'économie canadienne a probablement évité une récession technique au tournant de l'année civile », a déclaré Michael Davenport, économiste principal chez Oxford Economics. Il a ajouté que si le choc mondial des prix de l'énergie ne devrait pas faire dérailler l'économie, il aggrave les défis existants.
La banque centrale a projeté une croissance modeste pour l'année, tout en reconnaissant que l'activité à court terme pourrait être plus faible que prévu. Le conflit en cours au Moyen-Orient reste une variable clé, susceptible de stimuler les revenus d'exportation d'énergie du Canada tout en comprimant simultanément le pouvoir d'achat des consommateurs par une inflation accrue.
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