L'inflation ralentit alors que le marché du travail perd 83 900 emplois
De nouvelles données publiées le 16 mars 2026 montrent que l'inflation au Canada a ralenti pour atteindre un plus bas de neuf mois en février, offrant un répit aux décideurs politiques. L'atténuation des pressions sur les prix sous-jacents suggérait initialement que la Banque du Canada n'était pas sous pression pour envisager de nouvelles hausses de taux. Ce signal d'un ralentissement de l'économie a été puissamment renforcé par un rapport étonnamment faible sur le marché du travail.
L'économie canadienne a perdu 83 900 emplois en février, déconcertant les économistes qui avaient anticipé un gain modeste de 10 000 postes. Cette perte marque le déclin mensuel le plus marqué depuis 2009, en dehors de la période de pandémie. La contraction a fait grimper le taux de chômage de 0,2 point de pourcentage à 6,7 %. Le recul s'est concentré sur les emplois de meilleure qualité, avec la disparition de 108 400 emplois à temps plein. Le total des heures travaillées a également diminué de 1,1 %, signalant que les entreprises réduisent leurs activités.
Le choc énergétique réinitialise les attentes de baisses de taux pour 2026
Malgré les signes clairs de faiblesse économique intérieure, des facteurs externes forcent une réévaluation de la trajectoire politique de la Banque du Canada. BofA Securities a révisé ses perspectives, prévoyant désormais que la banque centrale maintiendra son taux directeur à 2,25 % jusqu'en 2026. Cette analyse annule les attentes précédentes de deux baisses de taux de 25 points de base cette année.
Ce changement stratégique est dû à une forte escalade sur les marchés de l'énergie, où les prix du pétrole ont augmenté de plus de 30 % depuis le début de l'opération militaire "Epic Fury" entre les États-Unis et Israël en Iran. Les analystes notent que ce choc géopolitique introduit des risques de hausse significatifs tant pour la croissance que pour l'inflation canadiennes. La pression inflationniste due à la hausse des coûts de l'énergie a effectivement relevé la barre pour tout assouplissement monétaire, même si l'économie intérieure est en difficulté.
La Banque du Canada prise au piège par des données contradictoires
La Banque du Canada est maintenant confrontée à un difficile exercice d'équilibre. Les données intérieures faibles, y compris la contraction du marché du travail et les baisses des ventes manufacturières et de gros, s'opposent à tout resserrement de la politique. Cependant, la transmission inflationniste du choc énergétique mondial complique toute initiative de réduction des taux. Cela place la banque centrale dans une position précaire, prise entre la stimulation d'une économie fragile et la maîtrise de nouvelles pressions sur les prix.
L'issue la plus probable est une pause prolongée. Les décideurs politiques devraient adopter une approche prudente de "wait and see", en maintenant les taux stables pour observer comment ces forces contradictoires se résolvent. Bien que des hausses de taux actives soient peu probables, la perspective de baisses de taux en 2026 a considérablement diminué tant que les tensions géopolitiques maintiennent les prix de l'énergie élevés et que les attentes d'inflation restent une préoccupation.