Le Brésil met fin à son cycle de hausses de taux avec une réduction à 14,75%
La banque centrale du Brésil a réduit son taux directeur Selic pour la première fois en deux ans, le baissant de 25 points de base à 14,75%. Le comité monétaire de la banque, connu sous le nom de Copom, avait maintenu le taux à 15% depuis juin, faisant de la décision attendue de mercredi un tournant crucial dans sa politique monétaire. Cette mesure signale la fin d'un cycle de resserrement prolongé visant à freiner l'inflation post-pandémique.
La flambée de 40% des prix du pétrole assombrit la voie d'un futur assouplissement
Malgré la réduction, la banque centrale a émis une forte note de prudence, brouillant la voie pour de futures baisses de taux. La déclaration du comité a directement lié son incertitude aux événements mondiaux, soulignant le risque posé par l'augmentation des coûts de l'énergie. Depuis la dernière réunion de politique monétaire, les prix du pétrole ont augmenté de 40% en réais brésiliens, impactant directement les anticipations de prix intérieures.
L'environnement mondial est devenu plus incertain en raison de l'escalade des conflits géopolitiques au Moyen-Orient, modifiant les conditions financières mondiales.
— Déclaration du Copom
Ce choc externe complique la lutte de la banque contre l'inflation. Bien que le taux d'inflation sur 12 mois ait ralenti à 3,81% en février, il reste supérieur au point médian cible de 3%. La hausse soudaine des prix du pétrole menace d'inverser cette tendance et force les décideurs à rester prudents, les analystes suggérant que le prochain mouvement pourrait être une autre petite baisse ou un maintien, en fonction entièrement de l'évolution des tensions géopolitiques.
La baisse des taux navigue entre ralentissement de la croissance et santé budgétaire fragile
La décision d'assouplir la politique intervient alors que l'économie brésilienne montre des signes de décélération. L'agence officielle de statistiques du pays, l'IBGE, prévoit que la croissance du PIB ralentira à 2,3% en 2025, contre 3,4% en 2024. Cela s'aligne sur une tendance plus large en Amérique latine, où une croissance modeste est entravée par les vulnérabilités budgétaires et une dépendance vis-à-vis des capitaux extérieurs. Bien que les hausses de taux précoces et agressives du Brésil lui aient donné plus de flexibilité politique que ses pairs, sa capacité budgétaire reste un point de scrutin pour les investisseurs. La baisse des taux apporte un certain soulagement à l'économie en ralentissement, mais comme l'a noté un analyste, le niveau élevé du taux Selic garantit que la politique reste restrictive.
La banque centrale a la marge de manœuvre pour réduire les taux parce que les taux d'intérêt sont très élevés. Même dans un scénario de plus grande incertitude, nous parlons d'un taux de 12% [d'ici la fin de l'année] qui est toujours élevé et restrictif.
— Flavio Serrano, Économiste en chef à la banque BMG