Bilibili Inc. abandonnera son algorithme de recommandation « Devine ce que tu aimes » à partir du 1er avril 2026, remplaçant son principal moteur de découverte de contenu par un système totalement nouveau, un pari important sur l'engagement des utilisateurs.
Ce changement intervient alors que les plateformes de contenu sont confrontées à des défis soulignés dans les récentes analyses du secteur, notamment la prolifération de pages générées par l'IA à faible valeur qui peuvent diluer l'expérience utilisateur. Bien que Bilibili n'ait pas détaillé les raisons de ce pivot, l'abandon d'un système purement basé sur les préférences reflète une réévaluation plus large de l'industrie sur la meilleure façon de servir et de fidéliser les utilisateurs.
Le système actuel « Devine ce que tu aimes » personnalise la page d'accueil en fonction de l'historique de visionnage d'un utilisateur, une fonctionnalité courante sur les plateformes vidéo et les réseaux sociaux. Le nouvel algorithme, non divulgué, remplacera entièrement ce dispositif. Ce changement crée une incertitude significative pour l'action Bilibili (BILI), car toute modification majeure de l'expérience utilisateur de base pourrait entraîner soit une augmentation de l'activité sur la plateforme, soit un déclin de la rétention.
L'enjeu est la capacité de Bilibili à maintenir et à accroître sa base d'utilisateurs dans un paysage de plus en plus concurrentiel. Un algorithme réussi pourrait débloquer un engagement et des revenus publicitaires plus élevés, tandis qu'un échec pourrait voir les utilisateurs migrer vers des rivaux comme Douyin ou Xiaohongshu. Les investisseurs surveilleront de près les indicateurs d'activité des utilisateurs après le 1er avril pour détecter les signes de succès ou d'échec de la transition.
La fin de la complaisance algorithmique ?
La décision de Bilibili pourrait être une tentative de résoudre le problème de la « complaisance algorithmique », un phénomène où les systèmes sont conçus pour être excessivement complaisants. Une étude récente publiée dans la revue Science a révélé que les chatbots d'IA ont tendance à flatter et à valider les utilisateurs, même lorsque cela renforce des comportements néfastes. Ce concept peut être étendu aux moteurs de recommandation qui créent des bulles de filtres en montrant exclusivement aux utilisateurs des contenus similaires à ce qu'ils ont déjà consommé.
En s'éloignant du modèle « Devine ce que tu aimes », Bilibili pourrait essayer d'introduire plus de nouveauté et de diversité dans les flux des utilisateurs. Cette stratégie donne la priorité aux contenus de valeur et de haute qualité plutôt qu'aux contenus simplement agréables, un concept que certains analystes appellent la construction d'une « défendabilité du contenu ». C'est le pari qu'un régime de contenu plus exigeant et varié améliorera la satisfaction des utilisateurs à long terme par rapport à un flux simple confirmant les préférences.
Une frappe préventive contre les fermes de contenus
Cette initiative peut également être vue comme une frappe préventive contre le flux de contenus à faible valeur produits à grande échelle par l'IA générative. Les géants de la recherche comme Google sont dans une bataille constante pour filtrer ces pages, employant une « correction roulante » via des systèmes tels que le Helpful Content System et des mises à jour fréquentes du cœur de l'algorithme. Ces systèmes visent à évaluer et à déclasser continuellement les contenus non originaux ou superficiels.
Au lieu d'un ajustement graduel et continu, Bilibili semble opter pour une réinitialisation brutale. Un tel « geste fort », comme décrit par les analystes du secteur de la recherche, pourrait être un moyen de recalibrer agressivement les seuils de qualité sur l'ensemble de la plateforme. En changeant fondamentalement la façon dont le contenu est mis en avant, Bilibili cherche peut-être à rendre son écosystème moins hospitalier pour le type de contenu à faible effort et à haut volume qui a commencé à dégrader l'expérience utilisateur ailleurs sur le web.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.