BdC : Le Risque Financier a Migré Au-delà de la Portée Réglementaire
Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a lancé un avertissement direct concernant la menace croissante des prêteurs non bancaires pour la stabilité financière mondiale. Il a soutenu que les réglementations bancaires post-2008 avaient réussi à transférer les activités plus risquées des banques traditionnelles vers des secteurs moins supervisés, notamment les fonds spéculatifs, les fonds de pension et les gestionnaires d'actifs. Macklem a déclaré que si ce changement a diversifié le financement, « les risques n'ont pas disparu, ils ont migré », et que la surveillance mondiale n'a pas suivi le rythme.
Cette préoccupation est amplifiée par les conditions actuelles du marché, où les cours des actions des principaux prêteurs du marché privé ont diminué. Les investisseurs évaluent le potentiel de défauts massifs sur les investissements en crédit privé et le risque que l'intelligence artificielle puisse perturber les entreprises de logiciels fréquemment soutenues par ces fonds. « Les risques augmentent peut-être plus rapidement que notre capacité à les comprendre et à les atténuer », a déclaré Macklem.
Les Fonds Spéculatifs Contrôlent 50% des Enchères d'Obligations Canadiennes
L'un des risques les plus aigus identifiés par Macklem concerne le rôle surdimensionné des fonds spéculatifs sur les marchés de la dette souveraine. Les estimations de la Banque du Canada révèlent que les fonds spéculatifs achètent jusqu'à 50% des nouvelles obligations du gouvernement du Canada aux enchères et représentent une part significative des échanges sur le marché secondaire. Cette activité en fait une composante critique, mais volatile, du financement gouvernemental.
La principale préoccupation est que ces achats d'obligations sont fortement financés par des dettes à court terme, en particulier des accords de rachat (repo). Un choc de marché soudain qui augmenterait la volatilité des taux d'intérêt pourrait forcer ces fonds à une liquidation massive de leurs avoirs en obligations pour lever des liquidités. Un tel événement, a averti Macklem, pourrait déclencher « de graves perturbations sur les marchés de la dette souveraine », avec un stress se propageant rapidement au-delà des frontières internationales.
Le Marché du Crédit Privé de Mille Milliards de Dollars Face à son Premier Ralentissement
La deuxième menace majeure provient du marché mondial opaque et de mille milliards de dollars du crédit privé. Ce secteur, qui fournit des prêts directement des investisseurs institutionnels aux entreprises, opère largement en dehors du champ d'application des régulateurs bancaires mondiaux. Macklem a souligné une vulnérabilité critique : « Le crédit privé n'a pas traversé un ralentissement économique complet. »
L'opacité de ces prêts signifie que les investisseurs pourraient ne pas disposer d'informations claires sur la qualité de crédit sous-jacente, un risque mis en évidence par de récentes faillites comme celle du fournisseur de pièces automobiles First Brands. Le gouverneur a averti que « la faiblesse du crédit privé pourrait se répercuter sur le secteur réglementé. » Étant donné que le marché est de plus en plus mondial, tout débordement de ce type pourrait rapidement se propager au-delà des frontières, créant une réaction en chaîne.