Le passage de l'« Iron Maiden » le 5 mars déclenche une tendance à la falsification d'identité
Le 5 mars, vers 07h00-08h00 UTC+8, le vraquier « Iron Maiden » a réussi à naviguer dans le détroit d'Ormuz en modifiant son système d'identification automatique (AIS) pour diffuser le signal de destination « China Owner ». Le navire, exploité par Xingda Shipping (Shanghai) Co., est devenu un cas rare de transit réussi alors que le trafic dans cette voie navigable vitale diminuait. Cette stratégie a été rapidement reproduite.
Deux jours plus tard, le matin du 7 mars, le vraquier battant pavillon libérien « Sino Ocean » a également traversé le chenal le plus étroit du détroit tout en diffusant « CHINA OWNER_ALL CREW ». L'opérateur de l'« Iron Maiden », Xingda Shipping, a refusé de commenter l'affaire, déclarant qu'il publierait des détails au public à une date ultérieure.
Au moins 10 navires adoptent une identité « chinoise » pour échapper au blocus
Un examen des données de Marine Traffic montre qu'au moins 10 navires, y compris des porte-conteneurs et des pétroliers, ont depuis modifié leurs signaux AIS pour revendiquer un lien avec la Chine. Cette tactique de falsification d'identité est une réponse directe des équipages pour atténuer les risques dans l'environnement maritime hostile. Bien qu'efficace, cette pratique est considérée comme une forme de tromperie.
Ils peuvent à peu près changer tout ce qu'ils veulent y mettre. Les équipages essaient de cacher toute affiliation avec des ports, des destinations ou des nationalités particulières, il y a donc un élément de tromperie.
— Matthew Wright, analyste chez Kpler.
Cette stratégie n'est pas entièrement nouvelle, les analystes traçant ses origines aux attaques de navires en mer Rouge en 2023. D'autres nationalités sont également utilisées comme couverture. Un méthanier, le « Bogazici », a diffusé qu'il était un navire « appartenant à des musulmans, exploité par des Turcs » pour passer dans la zone avant de revenir à son signal d'origine.
Le trafic d'Ormuz s'effondre alors que 25 milliards de dollars de navires restent bloqués
L'adoption de ces manœuvres d'évitement souligne la gravité de la crise du transport maritime dans le golfe Persique. Le 6 mars, le Joint Maritime Information Center (JMIC) a signalé seulement deux transits commerciaux confirmés par le détroit d'Ormuz au cours des 24 heures précédentes, confirmant que le trafic était tombé à des niveaux à un chiffre. Aucun des navires passant n'était un pétrolier.
Selon les données de la Lloyd's Market Association, la perturbation a bloqué environ 1 000 navires dans et autour du Golfe. La valeur totale de ces navires immobilisés est estimée à 25 milliards de dollars. Bien que le pari de l'« Iron Maiden » se soit avéré fructueux, il reste une exception, la grande majorité des opérateurs commerciaux attendant toujours une solution plus sûre et plus durable au blocus de facto.