L'action par procuration d'Anthropic grimpe de 1 500 % alors que l'accès à l'IPO stagne
Les investisseurs exclus de la propriété directe de la très valorisée société d'IA privée Anthropic ont trouvé un moyen détourné, faisant grimper le prix d'une « action fantôme » liée d'un étonnant facteur de 16, soit un gain de 1 500 %. Cette frénésie spéculative souligne l'immense appétit des investisseurs pour les actifs d'intelligence artificielle, même par le biais de véhicules par procuration indirects et très risqués. Cette flambée met en évidence une dynamique de marché où la demande d'exposition aux entreprises technologiques privées de premier plan dépasse largement l'offre disponible d'actions cotées en bourse, créant un terrain fertile pour une volatilité extrême.
Le phénomène, où l'action d'une société publique vaguement associée est surévaluée en raison de son lien avec une entité privée, signale des conditions potentiellement similaires à une bulle. Les investisseurs placent des paris significatifs sur une entreprise n'ayant aucun lien opérationnel direct avec l'activité principale d'Anthropic, créant une valorisation complètement détachée de ses propres indicateurs financiers fondamentaux. Cela soulève des inquiétudes quant au potentiel d'une correction brutale lorsque la fièvre spéculative s'arrêtera ou si la valorisation réelle d'Anthropic ne parvient pas à répondre aux attentes gonflées du marché.
La demande d'IA se heurte à un marché des IPOs prudent
La ruée spéculative vers l'action fantôme d'Anthropic est une conséquence directe d'un marché des IPOs embouteillé. Les entreprises d'IA de premier plan, y compris Anthropic et OpenAI, retardent leurs introductions en bourse, choisissant de rester privées plus longtemps. Selon Mike Bellin, responsable des services d'IPO aux États-Unis chez PricewaterhouseCoopers, les entreprises ne sont plus guidées par les calendriers du marché, mais par une « pensée axée sur la préparation ». Ce changement stratégique implique une période de préparation de 18 à 24 mois pour consolider la gouvernance, les finances et le récit boursier de l'entreprise avant d'entrer sur les marchés publics.
Cette approche prudente découle d'un changement fondamental dans les attentes des investisseurs depuis l'exubérance du marché de 2021. Les investisseurs des marchés publics exigent désormais une voie claire et crédible vers la rentabilité, souvent mesurée par des métriques comme la « Règle des 40 », où le taux de croissance des revenus d'une entreprise plus sa marge bénéficiaire doit dépasser 40 %. Bien que l'appétit des investisseurs pour les entreprises basées sur l'IA reste fort, ils ne sont pas disposés à payer des multiples élevés pour la seule croissance. Cet environnement discipliné contraint les licornes à renforcer leurs bilans et leur économie unitaire en privé, laissant un vide de capital que les instruments spéculatifs sont en train de combler.