Les prix élevés du pétrole liés à la guerre en Iran pèsent sur la croissance, mais une analyse de 22V Research datée du 1er avril soutient que ce ralentissement de la demande pourrait paradoxalement aider à réduire l'inflation et à prolonger le cycle économique.
« La destruction de la demande due à la hausse du pétrole est une caractéristique, et non un défaut, pour un atterrissage en douceur », indique la note de 22V Research. « C'est une soupape de sécurité qui peut tempérer l'inflation sans nécessiter une action plus agressive de la banque centrale. »
L'étude met en avant une vision à contre-courant selon laquelle le frein à la consommation exercé par des coûts énergétiques durablement élevés refroidit naturellement l'économie. Cela contraste avec les craintes habituelles du marché selon lesquelles un choc pétrolier dû à l'offre est purement inflationniste et baissier pour les actions. L'analyse de la firme suggère que cet effet pourrait servir de tampon contre une politique monétaire plus restrictive.
La note introduit une nouvelle dynamique pour les investisseurs, suggérant que tant que le ralentissement de la demande est ordonné, il pourrait prévenir le genre de resserrement agressif de la banque centrale qui déclencherait une récession plus brutale. Cette vision pourrait atténuer le sentiment négatif autour de l'inflation tirée par l'énergie et offrir un plancher aux actions si le marché commence à anticiper une expansion économique plus longue, bien que plus lente.
Un point de vue contrarien sur l'inflation énergétique
Le cœur de l'argument de 22V repose sur le mécanisme de transmission du choc des prix du pétrole. Contrairement à une flambée des prix tirée par la demande, la situation actuelle est enracinée dans une contrainte d'offre géopolitique liée à la guerre en Iran. Ce type de choc agit comme une taxe sur les consommateurs et les entreprises, réduisant les dépenses discrétionnaires et les investissements en capital. Bien que douloureux, cette épargne forcée peut devancer la nécessité pour les banques centrales de relever davantage les taux pour freiner une économie en surchauffe.
Cette perspective remet en question le consensus selon lequel les prix élevés du pétrole sont sans équivoque négatifs pour les actifs risqués. Si le refroidissement économique qui en résulte est graduel, il peut permettre à l'inflation de se normaliser vers les objectifs des banques centrales sur une période plus longue, favorisant un environnement de croissance faible plus durable plutôt qu'un cycle d'expansion-récession. Le risque principal pour cette thèse demeure une envolée désordonnée des prix du pétrole qui déclencherait un effondrement plus sévère et généralisé de la demande, plongeant l'économie dans une profonde récession.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.