L'enquête sur l'échange de crypto-monnaies polonais Zondacrypto s'est intensifiée après que le PDG Przemysław Kral aurait fui en Israël, compliquant ainsi les recherches sur des pertes estimées à 97 millions de dollars pour les clients. L'affaire, qui concerne également un portefeuille inaccessible contenant 4 500 Bitcoins, a suscité de vives critiques de la part du Premier ministre polonais et a mis en lumière le retard du pays dans la mise en œuvre de la réglementation européenne sur les crypto-monnaies.
« Dans une structure de gouvernance où la propriété et la direction exécutive sont concentrées entre les mains d'un seul individu, une surveillance efficace dépend de la transparence, d'une communication rapide et d'une confiance mutuelle », a déclaré Georgi Džaniašvili, ancien membre du conseil d'administration, dans un communiqué public, ajoutant : « Malheureusement, ce fondement a été matériellement érodé. »
Les procureurs polonais ont ouvert une enquête formelle à la suite de plaintes d'utilisateurs, avec des pertes potentielles estimées à 350 millions de zlotys, soit environ 97 millions de dollars. Selon le média polonais Onet, la présence de Kral en Israël, dont il détiendrait la citoyenneté, pourrait créer des obstacles importants pour toute tentative d'extradition. La crise fait suite à l'aveu précédent de Kral selon lequel l'échange avait perdu l'accès à un portefeuille froid contenant 4 500 BTC (d'une valeur de plus de 340 millions de dollars) après la disparition de son fondateur, Sylwester Suszek, en 2022.
Les retombées de l'effondrement de Zondacrypto devraient accélérer les appels à une surveillance réglementaire plus stricte en Pologne et dans toute l'Union européenne. Le Premier ministre Donald Tusk a déclaré que jusqu'à 30 000 utilisateurs pourraient être touchés et a critiqué la lenteur du pays à adopter le cadre MiCA (Markets in Crypto-Assets) de l'UE, qui, selon lui, aurait pu permettre une intervention plus précoce. L'incident soulève des questions sur le point de savoir si la supervision des cryptos doit être gérée au niveau national ou par une autorité européenne plus centralisée.
L'examen politique et réglementaire s'intensifie
L'affaire Zondacrypto est devenue un enjeu politique en Pologne. Le Premier ministre Tusk a allégué que l'échange avait des liens avec des capitaux russes et qu'il aurait pu apporter un soutien financier à des politiciens opposés à une législation plus stricte sur les cryptos. Ces allégations, combinées aux pertes importantes pour les utilisateurs, ont accru la pression sur les autorités locales et les organismes de réglementation.
L'échange, fondé en 2014 sous le nom de BitBay, a un historique d'avertissements réglementaires. L'Autorité polonaise de surveillance financière (KNF) a placé BitBay sur sa liste d'alerte publique en 2019. Plus récemment, en janvier 2025, l'agence de protection des consommateurs du pays a lancé sa propre enquête sur BB Trade Estonia, le propriétaire de Zondacrypto, pour « violation des intérêts collectifs des consommateurs ». La combinaison des défaillances de gouvernance, des actifs manquants et des allégations d'interférence politique crée un défi complexe pour les enquêteurs et constitue un avertissement pour l'industrie des actifs numériques.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.