Xiaomi Corp. lancera son nouveau véhicule électrique SU7 GT le 21 mai, une initiative qui intensifie la guerre des prix et de la technologie sur le marché chinois des VE haut de gamme, alors que son concurrent Tesla Inc. voit sa part de marché décliner.
Ce lancement fait suite au succès initial de la SU7 standard, qui a enregistré plus de 30 000 commandes fermes quelques jours après ses débuts. La nouvelle variante GT devrait cibler le segment des performances haut de gamme, défiant davantage les acteurs établis. Cette annonce intervient alors que la part de Tesla sur le marché chinois des VE est tombée à 4 % en avril, les ventes locales chutant de près de 10 % par rapport à l'année précédente pour atteindre 25 956 véhicules, selon la China Passenger Car Association.
Pour Xiaomi, le lancement de la GT est crucial pour soutenir sa marge brute de 24,3 % dans le secteur des VE et justifier ses investissements massifs. Le succès des modèles premium est indispensable alors que l'action globale de la société a chuté de plus de 22 % cette année sur fond de baisse des prévisions de bénéfices par action, les prochains résultats trimestriels étant attendus le 26 mai.
BYD et Tesla augmentent les enjeux concurrentiels
La pression concurrentielle ne provient pas seulement des chiffres de vente. BYD, force dominante du marché, fait progresser rapidement sa technologie. La société déploie son système Flash Charging, capable d'ajouter 70 % de charge en seulement 5 minutes, sur des modèles de grande série comme la Yuan Plus, qui débute à seulement 120 000 yuans (17 700 $). Bien que le système autonome « God's Eye » de BYD ait fait l'objet de critiques de la part des utilisateurs, ses avancées matérielles en matière de batterie et de recharge représentent un défi de taille.
Tesla, de son côté, mise sur le logiciel pour regagner son avantage. Le PDG Elon Musk cherche à obtenir l'approbation réglementaire pour le pack Full Self-Driving (FSD) de la société en Chine. Une approbation constituerait un avantage concurrentiel majeur face aux rivaux locaux, mais le calendrier reste incertain après avoir manqué un précédent objectif au début du printemps.
Pression sur les marges et performance boursière
Alors que les revenus du segment VE de Xiaomi ont bondi de 223,8 % pour atteindre 106,1 milliards de renminbis l'année dernière, la rentabilité globale de l'entreprise inquiète les investisseurs. Au quatrième trimestre, le bénéfice net ajusté a plongé de 23,7 % malgré la croissance des ventes. L'activité principale de smartphones et d'ordinateurs portables de la société est également comprimée par la hausse des prix des puces mémoire, ce qui pourrait forcer des augmentations de prix de 10 % à 20 %.
Pour contrer une baisse de 22 % du cours de son action cette année, Xiaomi a racheté ses propres titres, dépensant environ 4,7 milliards de dollars de Hong Kong jusqu'à présent en 2024. Pour que l'action trouve un plancher, les investisseurs devront voir dans le rapport de résultats du 26 mai la preuve que le pouvoir de fixation des prix, tant pour les smartphones que pour sa gamme croissante de VE, peut se traduire par une amélioration tangible des marges.
Cet article est purement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.