(P1) Le pétrole West Texas Intermediate a clôturé sa semaine la plus volatile en quatre ans avec une perte de près de 13,4 %, alors que les investisseurs ont pesé le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran face à une poussée de l'inflation américaine qui a fait chuter le moral des consommateurs à un niveau record.
(P2) « Les marchés se sont calmés ces derniers jours à mesure que les tensions au Moyen-Orient se sont apaisées, mais les investisseurs restent concentrés sur la durabilité de ce changement », a déclaré Eric Freedman, directeur des investissements chez Northern Trust Wealth Management, dans une note.
(P3) Le WTI, référence américaine, a reculé de 1,33 % vendredi pour s'établir à 96,57 dollars le baril, marquant sa plus forte perte hebdomadaire depuis avril 2020. Le Brent, norme internationale, s'est établi à 95,20 dollars le baril, soit une perte hebdomadaire de 12,7 %. Cette baisse marque un retournement brutal après la flambée des cours au début du conflit, bien que les deux références restent nettement au-dessus de leurs niveaux d'avant-guerre (67 et 73 dollars respectivement).
(P4) L'attention du marché se tourne désormais vers la pérennité du cessez-le-feu de deux semaines et la normalisation du trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz. Malgré la trêve, la société d'intelligence maritime Windward rapporte que les autorités iraniennes exigent toujours des péages élevés pour le passage. Ce blocage menace de maintenir les prix de l'énergie à des niveaux élevés, alimentant les pressions inflationnistes qui pèsent sur les consommateurs américains.
L'inflation bondit sous l'effet de prix de l'essence records
L'impact de la guerre est manifeste dans le dernier rapport sur l'indice des prix à la consommation, qui montre que le taux d'inflation annuel est passé de 2,4 % en février à 3,3 % en mars. Cette augmentation a été massivement tirée par les coûts de l'énergie, les prix de l'essence ayant bondi de 21,2 % sur le mois, un record selon le Bureau of Labor Statistics.
Cette flambée des prix à la pompe a un impact direct sur les foyers américains. Pour un ménage dont le revenu se situe entre 57 500 et 94 500 dollars, cette hausse représente un surcoût annuel de 461 dollars en carburant. Ce choc a contribué à une baisse historique de la confiance des consommateurs, l'enquête de l'Université du Michigan étant tombée à son plus bas niveau depuis le début des relevés en 1952.
Le cessez-le-feu déclenche un rallye de soulagement
Les marchés financiers ont d'abord salué la désescalade. Suite à l'annonce par le président Trump d'un cessez-le-feu de deux semaines, le Dow Jones Industrial Average a bondi de 1 325 points et le S&P 500 a grimpé de 2,5 %. Sur la semaine, le Dow et le S&P 500 ont enregistré leurs meilleurs gains depuis respectivement juin et novembre.
Cependant, cet optimisme a été tempéré par la réalité sur le terrain. L'Iran aurait à nouveau fermé le détroit d'Ormuz en réponse aux actions israéliennes au Liban avant que la Maison Blanche ne réitère sa demande de réouverture du chenal. Cette incertitude a limité le rallye boursier hebdomadaire et souligne la nature précaire du calme actuel sur le marché pétrolier.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.