Une récente tribune du Wall Street Journal remet en question des décennies de conseils financiers, affirmant que les investisseurs fortunés devraient détenir 90 % en actions.
Une récente tribune du Wall Street Journal remet en question des décennies de conseils financiers, affirmant que les investisseurs fortunés devraient détenir 90 % en actions.

Une récente tribune dans le Wall Street Journal remet en question le socle de la planification financière qu'est le portefeuille 60/40, suggérant que pour les investisseurs fortunés, une allocation bien plus agressive de 90 % en actions pourrait constituer la stratégie à long terme supérieure. Cette approche privilégie la création de richesse à long terme par rapport au modèle traditionnel qui met l'accent sur l'équilibre entre croissance et préservation du capital via une forte allocation en obligations.
« Je suis très désolé que la stratégie de portefeuille du Finsbury Growth and Income Trust se soit révélée si inadaptée aux conditions de marché au cours des deux ou trois dernières années », a déclaré Nick Train, gestionnaire du trust, soulignant la difficulté psychologique d'une stratégie à forte composante actions. Bien que le fonds ait chuté de 10,1 % sur trois ans contre un gain de 45,9 % pour le FTSE All-Share, Train maintient sa position, pariant sur la valeur à long terme de ses positions concentrées en actions.
Le cœur de l'argumentaire 90/10 repose sur la surperformance historique des actions sur de longs horizons temporels. Bien qu'un portefeuille composé à 90 % d'actions connaisse une plus grande volatilité, les partisans affirment que pour les investisseurs disposant d'un capital suffisant pour traverser les baisses de marché sans être contraints de vendre, le potentiel de croissance composée l'emporte de loin sur le risque. Par exemple, le fonds Silver Beech Capital a généré un rendement annuel composé de 16,4 % depuis 2021, dépassant les 12,4 % du S&P 500 en se concentrant sur des sociétés sous-évaluées.
Ce débat soulève une question cruciale pour les personnes fortunées : l'objectif principal est-il de préserver le capital ou de le faire croître de manière agressive ? Le cadre 90/10 suggère que pour ceux dont le mode de vie ne dépend pas de leur portefeuille, le risque majeur n'est pas la volatilité, mais plutôt le coût d'opportunité de détenir trop d'obligations à faible rendement sur plusieurs décennies.
L'argument en faveur d'une allocation de 90 % en actions ne rend pas les obligations obsolètes, mais redéfinit plutôt leur rôle, passant d'une détention centrale à un outil tactique pour des objectifs spécifiques et limités dans le temps. Une étude de cas mise en avant par LiveMint illustre parfaitement cela : un professionnel de 38 ans, M. Awasthi, a affecté 3 000 000 de roupies (30 % de son portefeuille) à des obligations d'entreprises avec un horizon de trois ans pour l'achat d'une maison.
Cette stratégie lui permet de protéger le capital destiné à son objectif à court terme de la volatilité des marchés boursiers tout en générant un rendement significatif, les obligations affichant un rendement moyen de 11 % par an. Les 7 000 000 de roupies restants de son portefeuille demeurent investis en actions et en métaux précieux pour la croissance à long terme. Cette segmentation par objectifs démontre une approche sophistiquée où les obligations apportent de la stabilité pour un but précis, plutôt que d'agir comme un frein permanent sur le rendement potentiel de l'ensemble du portefeuille.
Rester fidèle à un portefeuille à forte composante actions pendant les périodes de sous-performance est l'un des plus grands défis pour les investisseurs. Les récentes excuses du gestionnaire de fonds Nick Train aux actionnaires rappellent cruellement cette réalité. Son trust Finsbury Growth & Income, fortement orienté vers les franchises de consommation et les entreprises de données numériques comme le London Stock Exchange Group (LSEG) et Relx, a accusé un retard important par rapport à son indice de référence.
Pourtant, Train soutient que vendre maintenant reviendrait à « cristalliser les pertes » et que les valorisations déprimées ont commencé à attirer l'activité des entreprises, signe d'une valeur sous-jacente. Il est convaincu que ses participations, qui disposent de jeux de données propriétaires, sont destinées à être les bénéficiaires de l'intelligence artificielle, et non ses victimes. Cela illustre la conviction requise pour une stratégie 90/10 ; les investisseurs doivent être prêts à endurer des périodes de mauvaise performance s'étalant sur plusieurs années et à faire confiance à leur thèse à long terme, un exploit psychologiquement et professionnellement exigeant.
La discussion sur un portefeuille 90/10 simplifie souvent le terme « actions » pour désigner les actions cotées en bourse. Cependant, les investisseurs avertis allouent de plus en plus de capitaux à des actifs alternatifs proches des actions, tels que le crédit privé. La récente lettre aux investisseurs de Silver Beech Capital détaille une position importante dans Apollo Global Management (APO), une société qui illustre cette tendance.
Apollo a lancé un modèle intégrant un assureur-vie géant, Athene, à un gestionnaire d'actifs alternatifs. Athene fournit plus de 440 milliards de dollars de capital permanent à longue durée provenant des rentes, que le gestionnaire d'actifs d'Apollo déploie ensuite dans des transactions de crédit privé, capturant des rendements qui ont historiquement surpassé les marchés publics. Depuis sa création, la branche de capital-investissement d'Apollo a généré un taux de rentabilité interne net de 24 %. Cette structure permet à Apollo de « consommer sa propre cuisine » à une échelle que ses pairs ne peuvent égaler, créant ainsi un moteur de croissance puissant et auto-renforcé. Pour les investisseurs d'un portefeuille 90/10, allouer une partie des « 90 » à des firmes comme Apollo ou à leurs fonds offre un moyen d'accéder à des rendements élevés, de type actions, en dehors du marché boursier traditionnel.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.