La Maison-Blanche s'est opposée au projet d'Anthropic d'étendre l'accès à son modèle d'IA avancé Mythos à environ 70 entreprises supplémentaires, selon des rapports, une décision qui remet en question la commercialisation rapide de l'industrie de l'IA en invoquant d'importantes préoccupations de sécurité nationale.
« Les réflexions en sont à un stade précoce et aucune offre n'a été acceptée », a rapporté Bloomberg, citant des personnes proches du dossier, soulignant la sensibilité des discussions entre le gouvernement et la licorne de l'IA.
Cette décision maintient le nombre d'entreprises ayant accès au modèle spécialisé de cybersécurité à son niveau actuel d'environ 50, contrecarrant ainsi un plan visant à porter ce total à 120. Cette initiative intervient alors qu'Anthropic envisagerait un nouveau tour de table allant jusqu'à 50 milliards de dollars sur la base d'une valorisation qui pourrait dépasser les 900 milliards de dollars, portée par un taux de revenus annuels qui a franchi la barre des 30 milliards de dollars en mars.
Cette opposition crée un obstacle majeur à la trajectoire de croissance d'Anthropic et à son éventuelle introduction en bourse (IPO) en octobre 2026, opposant l'appareil de sécurité du gouvernement à un acteur clé du secteur de l'IA soutenu par Amazon et Google. Cette action signale une nouvelle phase de surveillance gouvernementale accrue qui pourrait conduire à des réglementations plus strictes pour l'ensemble de l'industrie de l'IA.
Les demandes de calcul de Mythos se heurtent aux craintes sécuritaires
Le cœur du conflit se concentre sur Mythos, un modèle d'IA avancé d'Anthropic conçu pour des tâches de cybersécurité complexes. Bien que les capacités du modèle aient suscité un vif intérêt de la part des entreprises clientes, elles ont également déclenché des inquiétudes gouvernementales quant à son utilisation abusive potentielle lors de cyberattaques. L'opposition de la Maison-Blanche repose en partie sur l'évaluation selon laquelle Anthropic manque actuellement de puissance de calcul suffisante pour servir plus d'utilisateurs sans dégrader l'accès et la sécurité du gouvernement lui-même, selon un rapport de The Next Web.
Cela place Anthropic dans une position difficile. L'entreprise a besoin d'une injection massive de capitaux, potentiellement le tour de 50 milliards de dollars à l'étude, pour acquérir l'infrastructure de calcul nécessaire pour faire fonctionner Mythos à l'échelle demandée par les clients commerciaux et gouvernementaux. Anthropic a déjà obtenu des engagements de calcul majeurs de la part de partenaires, notamment jusqu'à 25 milliards de dollars d'Amazon et jusqu'à 40 milliards de dollars de Google, mais la complexité de Mythos requiert encore plus de ressources.
Valorisation et projets d'introduction en bourse sous pression
Le recul du gouvernement ne pouvait pas tomber à un moment plus critique pour Anthropic. La valorisation de l'entreprise a grimpé de 61,5 milliards de dollars en mars 2025 à un objectif déclaré de plus de 900 milliards de dollars pour son prochain tour, une trajectoire qui a dépassé même celle de son principal concurrent, OpenAI. Cette valorisation est fondée sur une croissance des revenus sans précédent, les revenus annualisés ayant atteint 30 milliards de dollars quelques mois seulement après avoir atteint 9 milliards de dollars.
Un arrêt de l'expansion commerciale de son modèle le plus avancé pourrait faire hésiter les investisseurs et compliquer le récit de son introduction en bourse prévue. Le tour de table pré-IPO potentiel de 50 milliards de dollars, qui serait l'un des plus importants de l'histoire, est désormais assombri par l'incertitude réglementaire. L'issue de cette impasse sera un test critique pour Anthropic et pourrait servir de baromètre sur la manière dont le gouvernement américain entend concilier la promotion de l'innovation en IA et la gestion des risques inhérents à la sécurité nationale.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.