(Bloomberg) -- La volonté de l'Occident de briser l'emprise de la Chine sur le marché mondial des terres rares gagne du terrain, le mineur australien Lynas Rare Earths signalant une augmentation de 33 % de sa production alors qu'il étend ses opérations de traitement en Malaisie pour répondre à la demande croissante de ses partenaires, y compris le Pentagone.
« La Chine a bâti son succès sur l'exécution d'un plan industriel clair -- il faut que nous soyons sérieux à ce sujet », a déclaré la PDG de Lynas, Amanda Lacaze, à l'AFP, soulignant que contrer la part de marché de 90 % de Pékin exige « de la discipline, de la concentration et une planification claire ».
Lynas, le plus grand producteur mondial non chinois, a fait état d'une production totale d'oxydes de terres rares (REO) de 9 608 tonnes pour les neuf mois se terminant en mars 2026, soit une augmentation de 33 % d'une année sur l'autre. Cela comprend 5 403 tonnes de néodyme-praséodyme (NdPr), un matériau magnétique critique, dont la production a augmenté de 22 %, selon les rapports de l'entreprise. L'augmentation de la production a fait grimper les revenus de 80 % pour atteindre 485 millions de dollars sur la période.
Cette montée en puissance de la production intervient alors que le département de la Défense des États-Unis accélère ses efforts pour construire une chaîne d'approvisionnement domestique sécurisée. La stratégie du Pentagone prévoit des accords directs avec des producteurs comme Lynas, qui a récemment signé une lettre d'intention pour un contrat de fourniture de quatre ans avec le gouvernement américain, avec un prix plancher de 110 dollars par kilogramme pour l'oxyde de NdPr.
Mutation des chaînes d'approvisionnement
Les inquiétudes mondiales concernant la domination de la Chine se sont intensifiées après que Pékin a tiré parti de son contrôle sur les minéraux critiques pendant la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, provoquant d'importantes perturbations. Les terres rares sont indispensables à un large éventail de technologies modernes, des smartphones et véhicules électriques aux systèmes de défense sophistiqués comme les avions de chasse et le matériel alimentant l'intelligence artificielle.
L'usine de Lynas à Kuantan, en Malaisie, est désormais la plus grande usine de traitement de terres rares au monde hors de Chine. Elle affine les matières premières provenant de la mine à haute teneur de Mt Weld, en Australie-Occidentale. L'entreprise a récemment franchi une étape importante avec la première production commerciale de terres rares lourdes séparées comme le dysprosium et le terbium hors de Chine depuis des décennies, diversifiant davantage l'offre ex-Chine.
Accélération de la production domestique américaine
En parallèle, l'entreprise américaine MP Materials intensifie ses opérations à la mine de Mountain Pass en Californie, la seule installation de production de terres rares entièrement intégrée en Amérique du Nord. La société a produit un record de 50 692 tonnes métriques de REO en concentré en 2025, soit une augmentation de 12 % par rapport à l'année précédente.
Soutenue par des fonds du gouvernement américain, MP Materials étend également ses capacités en aval. L'entreprise construit une deuxième usine de fabrication d'aimants au Texas qui, combinée à sa capacité existante, portera sa production totale d'aimants aux États-Unis à environ 10 000 tonnes métriques par an d'ici 2028, au service direct de clients de la défense et commerciaux tels que General Motors.
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