Westpac prévoit désormais qu'un conflit prolongé au Moyen-Orient maintiendra les prix du pétrole à des niveaux élevés tout au long du deuxième trimestre, car la reconstruction des infrastructures énergétiques et le rétablissement de l'approvisionnement seront des processus de longue haleine. Les prix du pétrole brut ont bondi d'environ 70 $ le baril à un peu plus de 110 $ depuis le début du conflit, choquant les marchés qui dépendent du détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour 20 % de la consommation mondiale quotidienne de pétrole.
« Westpac table désormais sur une guerre plus longue au Moyen-Orient et sur une longue période consécutive durant laquelle les infrastructures énergétiques seront lentement reconstruites et l'approvisionnement en pétrole rétabli », a déclaré la banque dans une note le 6 avril.
Le conflit, qui a débuté après des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février, a déjà eu un impact significatif sur les marchés mondiaux. En plus de la fermeture effective du détroit d'Ormuz, les attaques iraniennes ont touché les infrastructures énergétiques et hydrauliques à travers le Moyen-Orient. Pour atténuer le choc de l'offre, les principaux membres de l'OPEP+ ont convenu d'augmenter la production de pétrole de 206 000 barils par jour, bien que les analystes estiment que cela ne suffira pas si le conflit se prolonge.
Le maintien de prix du pétrole élevés est susceptible d'accroître les pressions inflationnistes à l'échelle mondiale, augmentant les coûts opérationnels pour les entreprises et réduisant les dépenses discrétionnaires des consommateurs. Cela pourrait conduire à une politique monétaire plus stricte (hawkish) de la part des banques centrales, impactant négativement les marchés boursiers au sens large tout en profitant au secteur de l'énergie. La résolution du conflit sera cruciale pour les marchés mondiaux de l'énergie.
Scénario 1 : Une extension de la guerre
L'un des résultats possibles est un conflit prolongé, les États-Unis maintenant la pression sur l'Iran jusqu'à ce que le régime capitule ou s'effondre. Le président Donald Trump a averti que les États-Unis détruiraient les usines énergétiques et les puits de pétrole de l'Iran si les interférences avec le transport maritime se poursuivaient. Cela pourrait impliquer des tentatives de saisie de l'île de Kharg, le principal centre d'exportation de pétrole de l'Iran, qui traite environ 90 % des exportations de pétrole du pays.
Une telle escalade porterait un coup massif à Téhéran mais réduirait également l'offre mondiale alors que les marchés sont déjà fragiles, ce qui ferait probablement grimper encore plus les prix du pétrole et du gaz. Les principaux bénéficiaires seraient les pays riches en pétrole hors du Moyen-Orient, notamment les producteurs du bassin atlantique, de la région caspienne et d'Afrique. Des pays comme l'Angola, l'Azerbaïdjan, le Brésil et le Nigeria pourraient bénéficier d'une manne inattendue.
Scénario 2 : Un retrait américain
Bien que cela paraisse peu probable, le président Trump pourrait suivre son propre conseil aux pays importateurs d'énergie d'aller « chercher leur propre pétrole » et se retirer du conflit. Bien que les États-Unis aient considérablement augmenté leur propre production d'énergie, une telle initiative pourrait être politiquement désastreuse.
Elle serait probablement perçue comme un signe de faiblesse, enhardissant des rivaux stratégiques comme la Russie et la Chine. La Russie bénéficierait de prix du pétrole plus élevés, et la Chine accueillerait favorablement la possibilité de payer le transit du pétrole dans sa propre monnaie. Ce mouvement violerait la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et pourrait créer un précédent pour des blocus et des péages sur d'autres routes stratégiques, menant à un chaos régional et à des prix du pétrole durablement élevés.
Scénario 3 : Un armistice négocié
Un armistice conditionnel qui rouvrirait complètement le détroit d'Ormuz constitue une troisième possibilité. Plusieurs pays, dont le Pakistan et la Chine, ont signalé leur volonté de servir de médiateurs. Un accord réussi résoudrait les préoccupations immédiates concernant l'approvisionnement en énergie, et les prix du pétrole auraient tendance à revenir vers les niveaux d'avant-guerre, bien qu'avec une prime de risque politique plus élevée intégrée dans les prix.
Dans ce scénario, les producteurs du Moyen-Orient conserveraient leur influence sur les prix mondiaux de l'énergie. Selon les termes du règlement, les États-Unis pourraient revendiquer la victoire pour avoir dégradé les capacités nucléaires et militaires de l'Iran, tandis que l'influence régionale de l'Iran pourrait subsister. L'impact durable, quel que soit l'issue, sera un virage stratégique des marchés mondiaux de l'énergie pour les années à venir.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.