La Commission européenne a renforcé son dossier de « gun-jumping » contre Vivendi avec de nouvelles preuves, faisant peser le risque d'une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial du conglomérat médiatique français.
La Commission européenne a renforcé son dossier de « gun-jumping » contre Vivendi avec de nouvelles preuves, faisant peser le risque d'une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial du conglomérat médiatique français.

La Commission européenne a notifié à Vivendi SE une communication d'observations supplémentaires vendredi, ajoutant de nouveaux éléments à son dossier selon lesquels le conglomérat médiatique français aurait enfreint les règles de fusion en acquérant l'éditeur Lagardère SA en 2023 avant d'avoir obtenu l'approbation réglementaire.
« La communication d'observations supplémentaires fait suite à une communication d'observations antérieure de juillet 2025 et fournit de nouvelles preuves significatives, ainsi que des explications connexes », a déclaré un porte-parole de la Commission dans un courriel. La portée de l'infraction reste globalement inchangée par rapport aux accusations initiales.
Vivendi, qui est cotée sur Euronext Paris sous le ticker VIV.PA, s'expose à une amende pouvant aller jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires annuel mondial si le gendarme antitrust de l'UE la reconnaît coupable de « gun-jumping » — la pratique qui consiste à finaliser une opération avant d'avoir obtenu l'autorisation réglementaire obligatoire. La Commission avait approuvé la transaction Lagardère avant d'engager les poursuites procédurales, ce qui signifie que la sanction porte sur le calendrier de la conclusion de l'accord plutôt que sur ses mérites concurrentiels.
L'UE adopte une position de plus en plus agressive à l'égard des violations procédurales ces dernières années. En 2023, la Commission a infligé à Illumina Inc. une amende record de 432 millions d'euros pour avoir finalisé son acquisition de Grail avant d'avoir obtenu l'approbation antitrust — la plus lourde amende pour « gun-jumping » jamais imposée par Bruxelles. Cette affaire, actuellement en appel devant la Cour de justice européenne, a établi une référence quant à l'agressivité avec laquelle les régulateurs peuvent poursuivre les entreprises qui contournent la période d'attente obligatoire.
Vivendi peut demander une audience à huis clos pour se défendre avant que la Commission ne rende une décision finale. La société avait rejeté les accusations initiales en juillet 2025, arguant avoir respecté toutes les règles applicables. Une constatation de culpabilité n'entraînerait pas seulement une lourde sanction financière, mais pourrait également déclencher un examen accru de la stratégie future de fusions-acquisitions de Vivendi à travers l'ensemble de son portefeuille, qui comprend Universal Music Group, Canal Plus et Havas.
Cette affaire signale que Bruxelles est prête à déployer son cadre de sanctions maximales contre les grands conglomérats qui testent les limites du calendrier de contrôle des fusions de l'UE. La Commission étant désormais armée de preuves supplémentaires, la probabilité d'une amende significative a augmenté de manière substantielle, selon des spécialistes antitrust qui suivent la procédure.
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