Visa Canada et Wealthsimple ont piloté pour la première fois le règlement par stablecoin au Canada, une initiative visant à moderniser une infrastructure de paiement qui repose encore sur des délais de transfert de plusieurs jours. Le test a utilisé des stablecoins adossés au dollar américain pour régler instantanément des transactions par carte de crédit virtuelle.
« Nous voulions montrer que des institutions financières réglementées pouvaient effectuer des transactions en utilisant des stablecoins tout en respectant les contrôles et la gouvernance qui soutiennent un système financier sûr », a déclaré Hanna Zaidi, vice-présidente de la stratégie de paiement chez Wealthsimple, lors d'un entretien.
Le projet pilote impliquait un petit groupe d'employés volontaires utilisant des cartes de crédit virtuelles en dollars américains, toutes les transactions étant compensées instantanément au cours d'un week-end, une période pendant laquelle les virements bancaires traditionnels ne sont pas traités. Le test démontre une solution potentielle aux retards de paiement, alors que le propre système de paiement en temps réel du Canada a connu plusieurs retards. Le projet pilote mondial de règlement en stablecoins de Visa a récemment dépassé un rythme annuel de 7 milliards de dollars US, selon l'entreprise.
Cette initiative est une étape cruciale alors que le Canada cherche à établir son propre cadre pour les monnaies numériques. Avec un marché mondial des stablecoins évalué à 320 milliards de dollars et dominé par des actifs indexés sur le dollar américain, les experts ont averti que le Canada risque de céder le contrôle monétaire s'il ne parvient pas à favoriser une alternative nationale en dollars canadiens.
La course au stablecoin en dollar canadien s'intensifie
Bien que le projet pilote de Visa et Wealthsimple ait utilisé un stablecoin adossé à l'USD, plusieurs entreprises canadiennes développent des alternatives locales. Tetra Trust a récemment lancé le CADD, le premier stablecoin adossé au dollar canadien provenant d'une institution financière réglementée, avec le soutien d'un consortium comprenant Shopify et la Banque Nationale du Canada. Les rails financiers du pays compensent environ 424 milliards de dollars par jour ouvrable en utilisant des systèmes de traitement par lots hérités.
Parmi les autres concurrents figurent Stablecorp, qui a reçu l'approbation pour son stablecoin QCAD, et Loon, qui reprend l'actuel stablecoin CADC ayant déjà traité plus de 200 millions de dollars de volume. Ces efforts visent à capturer un marché national actuellement dépendant des produits en dollars américains pour les transactions on-chain.
Le cadre réglementaire prend forme
La poussée en faveur d'un stablecoin canadien survient alors qu'Ottawa solidifie sa position réglementaire. En mars, la loi canadienne sur les stablecoins a reçu la sanction royale, et le gouvernement fédéral prévoit d'introduire d'autres mesures réglementaires dans son budget d'automne. Cela fait suite à des initiatives similaires aux États-Unis, où le Congrès a adopté un projet de loi visant à créer un cadre clair pour les stablecoins.
« Il est important pour le secteur de comprendre qu'il existe un moyen d'adopter cette technologie sans remanier complètement vos systèmes existants », a ajouté Mme Zaidi, notant que le projet pilote utilisait la même conformité et la même gestion des risques que toutes les autres activités de paiement. Chris Ferron, vice-président des fintechs chez Visa Canada, a déclaré qu'il s'attendait à ce que d'autres banques et fintechs canadiennes « commencent absolument à suivre le mouvement », affirmant que le projet pilote « pose le cadre et les bases pour qu'elles le fassent ».
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